Mon cancer de l’ovaire

Les traitements

La chirurgie est le traitement principal du cancer de l’ovaire et peut être le seul traitement nécessaire si le cancer est détecté à un stade précoce et qu’il paraît peu agressif. Elle permet d’ôter la tumeur et ses possibles extensions avoisinantes. En fonction de l’étendue et de l’agressivité de la tumeur, une chimiothérapie peut être proposée après la chirurgie, pour éliminer de possibles cellules cancéreuses restantes et diminuer le risque de récidive. La chimiothérapie est parfois réalisée avant la chirurgie, afin de réduire la taille de la tumeur et de faciliter l’opération. En cas de découverte du cancer à un stade très avancé, la chimiothérapie peut constituer le seul traitement utilisé.
Mon opération chirurgicale
Ma chimiothérapie
Ma thérapie ciblée
Mes soins de support

La chirurgie

Certains examens complémentaires donnent des indications, mais il n’y a pas d’autre façon de faire le diagnostic que d’enlever la tumeur et de la faire analyser. Dans certains cas, le diagnostic de cancer de l’ovaire a été suspecté avant l’opération. Le chirurgien pourra s’aider, en cours d’intervention, de l’analyse de la tumeur par un médecin anatomo-pathologiste qui examinera les tissus prélevés au microscope. Il pourra alors faire tous les prélèvements nécessaires au bilan complet. Parfois, la chirurgie sera faite pour un kyste de l’ovaire d’allure banale et la découverte du cancer sera une “mauvaise surprise”. Le diagnostic sera alors porté sur l’aspect de la tumeur en cours d’intervention ou sur les résultats définitifs obtenus après une dizaine de jours. Dans certains cas, il sera nécessaire de réopérer dans les semaines suivantes pour faire le bilan chirurgical complet.

Dès que le diagnostic de cancer de l’ovaire est certain, le chirurgien doit faire des prélèvements systématiques sur les voies de passage, c’est-à-dire sur l’ensemble des organes pouvant avoir été déjà colonisés par les cellules cancéreuses. Tous ces prélèvements seront ensuite examinés au microscope à la recherche de foyers occultes de cancer. La découverte de cellules cancéreuses à distance change le stade et donc le traitement de la maladie.

Les techniques chirurgicales du cancer de l’ovaire ont évolué ces dernières années :

  • La chirurgie ouverte par laparotomie consiste à ouvrir l’abdomen depuis le sternum jusqu’au pubis. Le chirurgien visualise ainsi directement la cavité abdominale ainsi que ses instruments et ses gestes.

  • La chirurgie fermée par coelioscopie ou laparoscopie a été développée plus récemment. Elle consiste à introduire une caméra et des instruments chirurgicaux munis d’une longue tige dans la cavité abdominale au travers de plusieurs petites incisions. Le chirurgien manipule ses instruments depuis l’extérieur du patient et voit ce qu’il fait sur un écran. Les avantages de la chirurgie coelioscopique sont une plus petite incision, moins douloureuse en postopératoire, avec une cicatrice plus esthétique. Elle permet une reprise de l’activité plus précoce et une meilleure qualité de vie. Lorsque la tumeur est découverte à un stade précoce, il est possible de recourir à cette technique, qui est de plus en plus répandue.

  • Depuis peu, quelques centres développent la chirurgie cœlioscopique robot-assistée ; le chirurgien contrôle l’intervention sur un écran, mais ne manipule plus directement les instruments et les commande à partir d’une console, par le biais d’un système robotique.

La chirurgie “conservatrice” vise à maintenir les possibilités de grossesse en conservant l’utérus, une trompe de Fallope et un ovaire. Elle est parfois possible chez une femme jeune désirant des enfants, lorsque la tumeur est limitée à un seul ovaire, l’autre étant normal, et pour certains types de cancer à moindre risque de récidive, à condition de pratiquer un bilan complet et si la patiente est informée des risques de récidive sur l’ovaire restant.

Dans la plupart des cas, le cancer étant découvert à un stade avancé, le chirurgien effectue une laparotomie : il ouvre le ventre pour accéder aux organes. L’objectif de la chirurgie du cancer de l’ovaire au stade avancé est d’enlever toutes les lésions cancéreuses visibles qui ont pu se disséminer dans le pelvis et l’abdomen. On parle de chirurgie complète si le chirurgien y parvients. La chirurgie doit au minimum être “optimale”, c’est à dire ne pas laisser de lésions supérieures à 1 cm de diamètre. C’est une intervention longue (3 à 6 heures).

Dans certains cas, le traitement débutera par une chimiothérapie dans le but de diminuer la taille de la tumeur ou de rendre son ablation plus simple. L’intervention sera réalisée après 3 ou 4 cures de chimiothérapie. On parle alors de chirurgie de réduction intermédiaire ou d’intervalle. La chimiothérapie sera ensuite reprise 3 ou 4 semaines après.

En fonction des gestes qui ont été réalisés et de l’état de la patiente, l’hospitalisation peut être en moyenne de 5 à 10 jours si le cancer était à un stade précoce, et de 12 à 21 jours en cas de stade plus avancé. Des traitements adaptés de la douleur seront utilisés tout au long de l’hospitalisation. Les drains et la sonde urinaire mis en place en cours d’intervention seront retirés après quelques jours.

La chimiothérapie

Dans le cancer de l’ovaire, une chimiothérapie peut être réalisée avant ou après la chirurgie.

De nombreux médicaments de chimiothérapie ont montré leur efficacité dans le cancer de l’ovaire. Ils peuvent être utilisés seuls ou en association. La recherche étudie en permanence de nouveaux médicaments ou des modalités différentes d’administration de produits connus.

Les médicaments utilisés pour le cancer de l’ovaire sont administrés par perfusion. Pour éviter la détérioration des veines du bras, on propose le plus souvent la mise en place, sous la peau, d’un boîtier relié à un cathéter, lui-même placé dans une veine. On parle d’une chambre implantable. La chimiothérapie ne nécessite habituellement pas d’hospitalisation et se fait en ambulatoire. La durée de la perfusion des médicaments est en général de quelques heures. Une hospitalisation de quelques jours est parfois proposée pour la première cure ou en cas d’utilisation de certains médicaments.

Le traitement alterne une journée de chimiothérapie appelée cure, suivie d’une période de repos de trois semaines qui permet au corps de récupérer entre deux cures. Généralement un nombre minimal de six de ces cycles est planifié par l’équipe médicale. Dans certains cas, le nombre de cures est plus important.

Pour obtenir une plus forte concentration médicamenteuse directement au contact des cellules tumorales du péritoine (membrane qui recouvre les organes dans l’abdomen), on peut mettre certains produits de chimiothérapie directement dans la cavité péritonéale. On parle alors de chimiothérapie intrapéritonéale. Un cathéter spécial est placé à travers la paroi abdominale au cours de l’intervention chirurgicale initiale. Elle peut être indiquée après une chirurgie complète ou optimale, pour des cancers de l’ovaire de stade 3. Elle se déroule en complément et au même moment que les cures de chimiothérapie intraveineuses.

La chimiothérapie hyperthermique intrapéritonéale combine la chimiothérapie et la chirurgie. Elle consiste à réaliser, au cours d’une même intervention chirurgicale, l’ablation de toutes les tumeurs du péritoine, parfois des organes ou des parties du tube digestif qui sont atteints par la tumeur et d’administrer de la chimiothérapie chauffée dans la cavité péritonéale pendant un temps donné. C’est une technique nouvelle qui fait encore l’objet de recherches. Elle est proposée dans le cadre d’essais cliniques ou de protocoles d’évaluation.

Les médicaments de chimiothérapie détruisent les cellules qui se reproduisent rapidement ou les empêchent de se multiplier : c’est le cas des cellules cancéreuses, mais aussi d’autres cellules normales dans l’organisme (celles des cheveux, de la peau ou des muqueuses). Cela explique les effets secondaires des chimiothérapies, qui ne sont toutefois pas systématiques et dépendent des médicaments et des personnes traitées.

Les effets indésirables de la chimiothérapie sont fréquents :

  • troubles digestifs (nausées, vomissements, constipations, diarrhée, perturbation du fonctionnement des reins ou coloration des urines),
  • fatigue,
  • douleur,
  • sécheresse,
  • infections et inflammations de la bouche (aphtes, mucites),
  • altération du goût,
  • chute des cheveux, des cils et des sourcils,
  • modification de la peau et des ongles,
  • baisse des globules blancs, globules rouges et plaquettes,
  • troubles sexuels, menstruels et de la fertilité,
  • engourdissements, fourmillements ou picotements aux extrémités potentiellement douloureux,
  • modifications de l’audition et de l’équilibre,
  • sécheresse des yeux,
  • troubles de la mémoire.

Les effets secondaires disparaissent le plus souvent après l’arrêt de la chimiothérapie, cela peut prendre du temps. Ils doivent être rapportés immédiatement à un professionnel de santé afin d’être pris en charge.

Les thérapies ciblées

Ces médicaments récents bloquent des mécanismes qui permettent la multiplication des cellules tumorales. Ils sont administrés par perfusion, et leur action est concentrée sur les cellules cancéreuses. Les thérapies ciblées sont utilisées en association avec de la chimiothérapie pour les cancers de l’ovaire à un stade avancé.


SOURCES

Ameli, site de l’Assurance maladie :

Page consultée le 15/10/2021

Arcagy.org :

Pages consultées le 15/10/2021

Cancer et environnement :

Page consultée le 15/10/2021

Fondation ARC :

Pages consultées le 15/10/2021

Institut Curie :

Pages consultées le 15/10/2021

Institut national du cancer (INCa) :

Pages consultées le 15/10/2021

INCa/Santé Publique France :

Page consultée le 15/10/2021

La Ligue contre le cancer :

Page consultée le 15/10/2021

FR-NON-00152

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