Mon opération chirurgicale

En pratique

Deux consultations sont programmées dans les semaines qui précèdent l’opération, l’une avec le chirurgien, l’autre avec l’anesthésiste. Le chirurgien fait alors part de la technique qu’il va utiliser, des bénéfices attendus, des risques et des complications possibles. C’est le moment de lui poser toutes les questions et de lui faire part de possibles inquiétudes sur l’opération et ses suites. La consultation avec l’anesthésiste permet d’évaluer les risques en prenant en compte antécédents médicaux et chirurgicaux, et état de santé, afin de réaliser l’anesthésie en toute sécurité. A cette occasion, le médecin informe des risques liés à celle-ci, qu’elle soit locale ou générale. Il est également possible de lui poser des questions et un formulaire de consentement éclairé est présenté avant l’intervention.

À l’issue des consultations, divers documents d’information sont remis au patient. Le chirurgien et/ou l’anesthésiste auront peut-être fait certaines recommandations pour se préparer à l’intervention : consignes alimentaires, adaptation de vos traitements, préparation physique… Elles sont adaptées à chaque situation, il est important de les suivre. Un bilan dentaire et différents examens peuvent aussi être réalisés (électrocardiogramme…).

Avant la chirurgie, l’arrêt du tabac est fortement recommandé. Selon la Société Française d’Anesthésie et de Réanimation (SFAR), les bénéfices potentiels pour le patient augmentent proportionnellement avec la durée du sevrage.

Un effet bénéfique est observé sur la cicatrisation dès 3 à 4 semaines de sevrage avant l’opération chirurgicale. Un sevrage plus précoce, de plus de 8 semaines, diminuerait de « près de 50% les complications respiratoires par rapport au fumeur actif », précise la SFAR.

Les techniques

Les techniques chirurgicales des cancers ont beaucoup progressé ces dernières années :

  • La chirurgie traditionnelle dite ouverte permet au chirurgien de visualiser directement la zone concernée ainsi que ses instruments et ses gestes. On parle de laparotomie au niveau du ventre et de thoracotomie au niveau du thorax.

  • La chirurgie fermée mini-invasive a été développée plus récemment. Elle consiste à introduire une caméra et des instruments chirurgicaux munis d’une longue tige. Le chirurgien manipule ses instruments depuis l’extérieur du patient et voit ce qu’il fait sur un écran. Elle permet le plus souvent une reprise de l’activité plus précoce. Une laparoscopie désigne une opération de ce type au niveau du ventre, une thoracoscopie concerne le thorax.

  • Depuis peu, la chirurgie robot-assistée, ou assistée par ordinateur, se développe. Non seulement le chirurgien contrôle l’intervention sur un écran, mais il commande ses instruments par un système robotique. Ses gestes sont ainsi plus précis. Cette technique fait encore l’objet d’études.

  • Lors d’une cryochirurgie, la tumeur ne va pas être retirée, mais détruite à l’aide d’une sonde très froide (-150°C) introduite au centre de la tumeur. La sonde est introduite à travers la peau, comme une piqûre, ou bien par incision chirurgicale, lorsque la tumeur n’est pas accessible par voie percutanée. Cette technique permet de réaliser le traitement sans hospitalisation, de traiter des malades à haut risque chirurgical, avec moins de complications.

  • La radiofréquence se déroule de la même manière, mais elle détruit les cellules cancéreuses grâce à une électrode qui augmente la température au cœur de la tumeur (70 à 90°C). La radiofréquence est actuellement étudiée pour les cancers du sein. Elle se déroule sous anesthésie générale et nécessite une hospitalisation d’environ trois jours.

  • La chirurgie au laser détruit les cellules cancéreuses grâce à une lumière à haute énergie. Mini-invasive, elle concerne des lésions précancéreuses de la peau, certains cancers de la peau et de la sphère ORL ou encore du rectum. Elle peut être prescrite pour soulager certains symptômes de cancers bronchiques avancés. Pratiquée sous anesthésie locale, l’intervention ne dure que quelques minutes.

  • La radiochirurgie stéréotaxique, appelée également radiothérapie stéréotaxique est une procédure guidée par l’imagerie qui permet d’irradier de petites lésions, bénignes ou malines, du cerveau et des vertèbres. Elle nécessite une hospitalisation d’un ou deux jours.

Le choix de la technique dépend à la fois du cancer, de sa localisation, de son stade et de son grade, mais également de l’état de santé du patient et de son accord.

SOURCES

INCa :

Société Française d’Anesthésie et de Réanimation :

FR-NON-00110

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