Nicolas, sportif de haut niveau et lymphome

Nicolas, 45 ans

04 Novembre 2021
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Nicolas a aujourd’hui retrouvé les compétitions, après un parcours de soins difficile. Quand une radiologue lui a appris, il y a six ans, aux urgences, qu’il avait un lymphome, l’annonce a été un choc.

Je vois à sa tête aux médecins urgentistes qui étaient là, que ce n’est pas une bonne nouvelle du tout. Pour moi, le mot cancer arrive tout de suite et avant que tout le monde ait parlé, je fais un malaise.

Un mois après mon entrée aux urgences, je suis en chimio.

Il a y eu aussi durant toute cette période beaucoup de choses, beaucoup d’appels administratifs, essayer d’organiser des rendez-vous avec la banque parce qu’il y a des prêts professionnels en cours, toutes ces choses-là, donc l’organisation du parcours de soins commence aussi là.

Je ne connaissais pas encore France Lymphome Espoir à ce moment-là, donc je me suis organisé.

Paradoxalement, Nicolas devait rassurer ses proches.

Rassurer mes proches, leur dire que tout allait bien. En fait, nous, on est le côté optimiste de la maladie. Eux, les gens, ils voient le côté pessimiste c’est-à-dire qu’eux, ils pensent à l’inverse, ils se disent : « Ah, la, la, mais il va peut-être mourir de son cancer ».

Donc, pour mes enfants, pour ma famille, j’avais le côté : « Oui, oui, ça va bien se passer. Non, les chimios, ça se passe à peu près bien. J’ai confiance. »

Mais Nicolas a vécu les effets secondaires de la chimiothérapie.

On est fatigué, on a des problèmes de concentration, on a une perte de la vue, on perd effectivement ses cheveux, on a tout ce qui est muscle qui est vachement abîmé. Donc on perd énormément de masse musculaire.

Qui dit perte de masse musculaire dit essoufflement puisque le cœur est un muscle. On a l’estomac qui ne supporte plus rien et on est obligé de faire attention à ce qu’on mange.

Je me suis dit tiens, je vais recommencer à faire un peu d’activité physique autre que ce que m’a dit mon médecin, aller marcher autour de chez moi. Donc je vais aller courir. Je pars de chez moi. Au bout de dix minutes, je suis obligé de m’asseoir sur le trottoir parce que je suis en train de faire un malaise. Et là, je me suis rendu compte de l’ampleur de la tâche, de tout ce qu’il allait falloir faire, pour retrouver une condition physique, ne serait-ce que déjà normale, avant qu’elle soit optimale pour faire de la course de haut niveau.

C’est compliqué par rapport à l’égo quand on a été un athlète, de devoir repartir de zéro. Mais quand je dis zéro, c’est moins que ce qu’une personne normale peut faire. On a envie d’y arriver absolument, et ça, par exemple, la course à pied ça a été la première activité que j’ai reprise parce que c’est une activité sur laquelle je vois la réussite. Je peux la quantifier, je sais où j’en suis et je vois les progrès que j’ai faits.

Exemple de résilience, Nicolas met en garde sur le risque de masquer des faiblesses.

J’ai mis en avant ce mot puisqu’on nous en parle tout le temps de la résilience, c’est ce qui ne te tue pas te rend plus fort. Et donc je me suis beaucoup appuyé là-dessus au début. Et puis, en fait ce n’est pas bien, parce qu’on a une petite tendance au début à se sentir un peu tout puissant.

Après avoir failli se noyer et connu des avaries sur son bateau, Nicolas a fait un burn-out

Je passe voir une psychologue du sport qui me dit mais peut-être qu’il y a un moment, en fait, pendant vos traitements et en sortie de vos traitements, où vous auriez dû aller voir un psychologue pour vous remettre les idées et essayer de voir s’il n’y avait pas des points un peu compliqués.

Et c’est là que je me suis dit qu’effectivement la résilience ne fait pas tout. Il ne faut pas que ça masque des questions qu’on ne se poserait pas. Moi, je donne très peu, très peu de conseils parce que chacun va vivre son parcours de soins par rapport à ce qu’il est, comment on est familialement, comment on est économiquement, quel type de vie on a socialement, aussi, quelle image on renvoie de soi, comment on est psychologiquement capable d’accepter la chose.

Donc, moi, je n’ai qu’un conseil à donner aux gens, c’est : « Soyez un bon malade. Faites ce que vont vous dire les soignants parce que le parcours de soins fonctionne. »

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