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En attente de diagnostic

Lorsqu’on suspecte un cancer, différents examens sont prescrits afin de confirmer ou non le diagnostic et, le cas échéant, d’en connaître le type et le stade. Si le diagnostic est confirmé, le médecin va ainsi pouvoir, au moment de l’annonce de la maladie, informer le patient, non seulement de sa maladie, mais aussi des traitements qui lui sont proposés.

Pourquoi cet examen ?

Chacun des examens prescrits poursuit un objectif précis pour poser le diagnostic et déterminer le traitement le plus adapté si besoin.

Les prises de sang

Une prise de sang permet d’évaluer l’état de santé général d’une personne, ainsi que le fonctionnement des principaux organes. Quatre types d’analyses sont généralement réalisées :

  • Une numération de la formule sanguine (NFS) ou hémogramme : la quantité de globules blancs, rouges et de plaquettes est mesurée. Elle apporte des informations sur les cellules du sang contribuant au maintien de l’intégrité de l’organisme : oxygénation des tissus, défense de l’organisme contre les agents pathogènes, prévention du risque hémorragique.
  • Une analyse de la composition biochimique du sang : les taux de nombreuses substances chimiques sont mesurés, permettant de vérifier le fonctionnement de certains organes, comme le foie, ou de constater une anomalie.
  • Le dosage de marqueurs tumoraux : certaines tumeurs libèrent des substances dans le sang ; par exemple, un cancer colorectal peut libérer un antigène carcino-embryonnaire (ACE), tandis qu’un cancer de la prostate peut produire un antigène spécifique appelé PSA ; un cancer de la thyroïde a pour marqueur la calcitonine.
  • Un dosage de la créatinine évalue le fonctionnement des reins ; cette analyse est systématiquement réalisée avant un examen d’imagerie avec produit de contraste, comme une IRM ou un scanner.

Une fois le diagnostic posé et la prise en charge mise en place, les prises de sang serviront également à suivre l’évolution de la maladie et la réponse aux traitements, et apporteront une aide complémentaire pour détecter, évaluer ou suivre certains effets indésirables.

L’imagerie

L’imagerie médicale a connu d’importants progrès ces dernières années. De nombreuses techniques coexistent et chacune a ses indications, ses spécificités et ses limites.

  • La radiographie, utilisant les rayons X, est surtout utilisée en première approche pour identifier un éventuel cancer du poumon ou du sein.
  • L’échographie utilise les ultra-sons pour visualiser les organes situés au niveau de l’abdomen, du petit bassin et du cou (thyroïde, ganglions, foie, rate, pancréas, reins, vessie, organes génitaux), mais aussi les vaisseaux (artères et veines), les ligaments et le cœur.
  • Le scanner (aussi appelé tomodensitométrie ou TDM) est un type de radiographie qui, prend une succession d’images permettant une reconstitution en 3D des organes.
  • L’endoscopie (ou fibroscopie) consiste à introduire une caméra à l’intérieur d’un organe ; il peut s’agir d’une coloscopie (côlon), d’une gastroscopie (estomac), d’une cystoscopie (vessie)…
  • L’imagerie par résonance magnétique (IRM) est basée sur l’utilisation d’un champ magnétique qui fournit des images très précises des tissus mous (muscles, organes).
  • La tomographie par émission de positons (TEP ou PET-Scan) permet de rechercher, grâce à un traceur faiblement radioactif, les cellules se multipliant rapidement, caractéristique des tumeurs et des métastases : la substance radioactive est un dérivé du sucre, absorbé par les cellules cancéreuses et détecté par une caméra spéciale.
  • La scintigraphie reflète le fonctionnement d’un organe : un traceur faiblement radioactif se fixe spécifiquement sur l’organe à étudier et sa répartition dans celui-ci est étudiée grâce à une caméra et à un traitement informatique des images ; cette répartition est homogène pour un organe sain.
  • La tomoscintigraphie consiste en la réalisation de plusieurs images de scintigraphie grâce à une caméra mobile qui permet de reconstituer une image en 3D de l’organe concerné.

Les biopsies

Une biopsie permet de confirmer le diagnostic de cancer, d’en connaître le type et le stade, et de dresser sa “carte d’identité”. Des tissus de la tumeur sont prélevés à fin d’analyses au microscope appelées “examen anatomopathologique”.

  • Il peut s’agir d’une ponction à travers la peau réalisée sous anesthésie locale, guidée ou non par l’imagerie médicale, au cours de laquelle le médecin repère la lésion et effectue un prélèvement avec une aiguille très fine.
  • Les prélèvements peuvent également être effectués au décours d’une endoscopie.
  • Enfin, il est parfois nécessaire d’avoir recours à la chirurgie pour prélever des tissus de la tumeur.

Le choix de la technique dépendra de la localisation de la tumeur. Les informations obtenues grâce à la biopsie, permettront de déterminer la prise en charge adaptée.

Les autres examens

L’analyse des tissus prélevés lors de la biopsie permettra aussi d’identifier les altérations génétiques présentes dans la tumeur. Dans certains cas, cela permet de classer le cancer en certains sous-types partageant les mêmes mécanismes de développement. Les médecins pourront ainsi proposer une thérapie ciblée ou une immunothérapie pour contrer ces mécanismes, mais aussi prévoir l’apparition de résistances au traitement, éviter des traitements inutiles et évaluer le risque d’apparition de métastases.

Outre la génétique de la tumeur, celle du patient peut également être étudiée si les médecins soupçonnent une forme héréditaire de cancer. Lorsqu’une mutation est suspectée ou découverte, une consultation chez un spécialiste d’oncologie génétique peut être proposée au patient. Pendant cette consultation d’oncogénétique, le médecin évalue le risque génétique et propose éventuellement une recherche de mutation. Que cette dernière soit connue ou identifiée ou non, une prise en charge particulière, avec une surveillance spécifique, pourra être mise en place.

Le temps consacré à ces différents rendez-vous avec plusieurs professionnels de santé, aux examens et à l’attente des résultats peut vous paraître long. Néanmoins, ce bilan est indispensable pour poser le diagnostic, connaître votre cancer et vous proposer le ou les traitements les plus adaptés à votre situation.

Que disent mes résultats ?

Le médecin vous a prescrit un certain nombre d’examens complémentaires (analyses de sang, imageries médicales, biopsies…). Vous avez les résultats entre les mains et vous vous demandez ce qu’ils signifient. Vous êtes tenté de comparer vos résultats aux valeurs de référence qui peuvent être notées sur le document. À quoi correspondent-elles ? Pourquoi l’interprétation du médecin qui a prescrit les examens est-elle indispensable ? Lorsqu’un diagnostic de cancer est posé à l’issue du bilan, comment celui-ci vous est annoncé ?

Les valeurs de référence

Les laboratoires d’analyses médicales indiquent les valeurs de référence en regard des résultats du patient sur le compte-rendu de l’examen. En effet, ces valeurs de référence peuvent varier d’un laboratoire à l’autre en fonction de la technique utilisée pour l’analyse. Les valeurs considérées comme normales (correspondant aux valeurs de référence) se situent dans une fourchette ; les écarts par rapport à ces normes doivent être interprétés en fonction du contexte clinique et de la situation propre à chaque patient. Quelquefois, le laboratoire indique également les valeurs retrouvées à un examen précédent en notant la date à laquelle celui-ci avait été fait. Cela permet d’évaluer rapidement l’évolution des constantes recherchées. En revanche, si vous avez fait vos analyses dans deux laboratoires différents, la comparaison des résultats est moins informative.

Le dosage d’un marqueur tumoral ne suffit pas à lui seul à dépister ou à diagnostiquer un cancer. Une maladie ou une affection non cancéreuse peut accroître le dosage des marqueurs tumoraux, et la présence ou un taux normal de marqueurs tumoraux ne signe pas l’existence d’un cancer. À l’inverse, l’absence de marqueurs n’assure pas à cent pour cent l’absence d’une tumeur maligne. Les résultats de marqueurs doivent être interprétés en tenant compte de l’ensemble du bilan de santé.

Les examens d’imagerie médicale, radiographie, scanner, IRM, tomographie par émission de positons (TEP ou en anglais PET ou PET Scan), échographie… sont réalisés par le médecin (ou un technicien spécialisé) et sont toujours interprétés par le médecin radiologue. Pendant et après l’examen, celui-ci analyse les images obtenues en tenant compte de votre dossier médical et en particulier de vos anciens examens. Il rédige ensuite un compte rendu qui est joint aux images et adressé au médecin prescripteur. Il peut également vous être remis.

La lecture de ce compte-rendu ne vous renseignera guère sur le diagnostic. L’observation sur un cliché d’une “image anormale” ne peut être identifiée avec certitude comme étant cancéreuse. Les résultats de l’examen doivent être interprétés en fonction des données cliniques et des résultats des autres investigations du bilan, notamment de la biopsie.

À noter : il n’est pas rare que l’on découvre à la faveur de l’un de ces examens, une “anomalie” (une image inhabituelle) sans signification pathologique particulière. Sa notification sur le compte-rendu est souvent source d’inquiétude pour le patient. C’est pourquoi il vaut mieux attendre l’avis du médecin pour interpréter le compte-rendu du radiologue.

Une fois réalisée, la biopsie est envoyée au laboratoire d’anatomopathologie pour être analysée au microscope. L’examen anatomopathologique permet de déterminer si les lésions prélevées sont cancéreuses ou non. On parle de preuve “histologique”. Dans les cas où un cancer est déjà diagnostiqué, l’examen des cellules et des tissus prélevés a également pour objectif de préciser le type de cancer dont il s’agit.

A l’issue de l’examen anatomopathologique, le pathologiste rédige un compte-rendu qui donne les résultats et précise les caractéristiques de la tumeur. Les résultats de la biopsie sont généralement transmis directement au médecin qui s’occupe du patient ainsi qu’au médecin qui a fait le prélèvement.

Les examens pratiqués sont communiqués à titre indicatif. Ils sont susceptibles de varier selon les patients, les établissements de soin, les indications et les équipes médicales.

L’analyse des médecins

Chaque patient est un cas particulier. De très nombreux facteurs peuvent influencer les résultats de tel ou tel examen médical. Les résultats ne doivent jamais être interprétés en dehors du contexte dans lequel l’examen a été prescrit.

Le médecin parle parfois de “faux positif” ou de “faux négatif”. En effet, divers facteurs peuvent interférer sur les résultats d’un certain nombre de tests et fausser leurs résultats. C’est pourquoi au moindre doute, le médecin fera refaire le test ou en prescrira un autre pour éclaircir la situation.

Par ailleurs, un test positif ne signifie pas nécessairement la présence d’un cancer. Tel est le cas par exemple du test utilisé à domicile pour le dépistage du cancer colorectal qui détecte la présence de sang dans les selles. Ce sang ne signe pas la présence d’un cancer, une pathologie autre qu’un cancer colorectal peut rendre ce test “positif”. Aussi en cas de test positif, une coloscopie est-elle réalisée pour étayer le diagnostic. De même, une concentration normale de marqueurs tumoraux n’exclut pas un diagnostic de cancer et une concentration anormale peut être provoquée par une autre cause que le cancer.

Pour toutes ces raisons, un diagnostic de cancer ne peut être porté qu’après analyse soigneuse de l’ensemble des données médicales : histoire personnelle et familiale, symptômes, examen clinique, analyses de laboratoire, examens d’imagerie, biopsie…

Pour certains examens, les résultats peuvent prendre plusieurs jours (voire semaines) à être prêts et envoyés au médecin prescripteur. Bien que ce délai puisse être source d’anxiété, il est nécessaire pour faire un diagnostic précis et proposer un traitement adapté.

La consultation d’annonce

Dans le cadre du Plan national de lutte contre le cancer, un dispositif a été mis en place pour améliorer les conditions dans lesquelles le patient apprend le diagnostic. Ce dispositif d’annonce a pour objectif d’instaurer des moments d’information, de discussion et de soutien avec les professionnels de santé dès le début de la maladie. Il est organisé en quatre temps :

  • un temps médical d’annonce du diagnostic et de présentation des traitements proposés ;
  • un temps pour compléter les informations médicales reçues et repérer les besoins psychologiques ou sociaux du patient ;
  • un temps de rencontre avec d’autres professionnels qui proposent leur soutien en fonction des besoins ;
  • un temps de liaison entre l’équipe médicale de l’hôpital et le médecin traitant, pour une bonne coordination.

La consultation d’annonce doit se dérouler au calme, sans interruption extérieure. Elle doit être suffisamment longue pour dialoguer et établir une relation de confiance dans la durée.

Le patient est informé du diagnostic et des traitements. Le médecin lui explique ce qu’est sa maladie (chaque cancer est un cas particulier), les traitements proposés, les bénéfices attendus et les éventuels risques ou effets secondaires. Il doit lui donner une information claire et adaptée en respectant son souhait d’être informé ou non. Il doit s’assurer que cette information est bien comprise et lui laisser le temps de l’intégrer et de poser des questions, tout en respectant les émotions que suscite l’annonce.

Si besoin, plusieurs consultations peuvent être dédiées à ce temps médical d’annonce. Par ailleurs, si le patient le souhaite, il est en droit de demander un deuxième avis médical.

À tout moment, le patient peut être accompagné par une personne de son choix : proche, médecin traitant, psychologue, personne de confiance qui sera consultée au cas où il serait dans l’incapacité de s’exprimer ou de recevoir l’information nécessaire à cette fin. Les proches du patient ont un rôle essentiel. C’est pourquoi le dispositif d’annonce prévoit qu’ils puissent aussi être informés, écoutés et soutenus dans leurs difficultés.


SOURCES

Institut national du cancer :

  • Un temps fort du parcours de soins,
    https://www.e-cancer.fr/Professionnels-de-sante/Parcours-de-soins-des-patients/Dispositif-d-annonce/Un-temps-fort-du-parcours-de-soins,
    consulté le 9 août 2019
  • Section « Qu’est-ce qu’un cancer ? »,
    https://www.e-cancer.fr/Comprendre-prevenir-depister/Qu-est-ce-qu-un-cancer,
    consulté le 9 août 2019
  • Cancer du côlon, section sur le diagnostic,
    https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-du-colon/Diagnostic,
    consulté le 9 août 2019
  • Cancer du sein, section sur le diagnostic,
    https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-du-sein/Diagnostic,
    consulté le 9 août 2019

Fondation ARC :

  • Le diagnostic,
    https://www.fondation-arc.org/cancer-le-diagnostic,
    consulté le 9 août 2019

Fondation pour la recherche médicale :

  • « Cancers : du dépistage au diagnostic, au plus tôt ! », https://www.frm.org/recherches-cancers/cancer-depistage-diagnostic, consulté le 9 août 2019

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