En phase de récidive

Les symptômes d’un cancer peuvent disparaître un certain temps, parfois plusieurs années, avant que la maladie ne resurgisse. Nouveau bouleversement dans la vie du patient, la récidive ne signifie pas pour autant la fin de l’espoir. Grâce aux progrès de la recherche, il existe de nouvelles alternatives thérapeutiques dans plusieurs types de cancer. Celles-ci enrichissent les options thérapeutiques qui s’offrent à l’équipe soignante et au patient. Lorsqu’elles ne sont pas encore disponibles, la participation à un essai clinique peut constituer un moyen d’y accéder.

Les causes de la récidive

Récidive ou rechute ?

La plupart du temps, les termes récidive ou rechute sont utilisés indifféremment, l’Institut national du cancer les définissant comme la “réapparition de cellules cancéreuses, au même endroit ou dans une autre région du corps”.

Contrôler les facteurs de risque

Pour éviter une récidive ou la repérer le plus précocement possible, il faut suivre les recommandations de son médecin, se rendre à toutes les consultations prévues et réaliser ses examens de contrôle (analyses de sang, scanners, échographies…). Des traitements dits “adjuvants” sont parfois prescrits à titre préventif après la fin du traitement principal. La prescription de tels traitements, comme des chimiothérapies adjuvantes dans certains cancers du sein, peut parfois donner lieu à des examens complémentaires, des tests génomiques prédictifs de récidive.

Par ailleurs, le médecin conseillera aussi au patient de mener la vie la plus saine possible : éviter le tabac, minimiser l’alcool, manger équilibré, éviter le surpoids, avoir une activité physique régulière… Un facteur de risque comportemental peut être à l’origine de l’apparition de deux cancers successifs sans que le second constitue une récidive ou une rechute. Le tabagisme, par exemple, peut provoquer tour à tour des cancers du poumon, de la gorge, de la bouche… Un comportement à risque peut aussi favoriser une récidive s’il n’a pas été interrompu dès l’apparition du premier cancer.

Nombre de facteurs de risque sont intrinsèques aux mécanismes de la maladie. L’âge peut influer sur le risque de récidive. On sait qu’un cancer du sein sera par exemple plus agressif chez les jeunes femmes. La taille de la tumeur initiale (et le “grade” de 1 à 3, voire 4 ou 5 selon les cancers), souvent liée au fait que la maladie a été dépistée plus ou moins tôt, joue aussi un rôle. Certains cancers (sein, prostate, thyroïde, endomètre…) sont dits hormono-dépendants, c’est-à-dire sensibles aux hormones, sécrétées par l’organisme. Pour déterminer le risque de rechute, les médecins évaluent ces éléments, ainsi que les résultats des examens biologiques propres à chaque type de cancer (récepteurs hormonaux, marqueurs biologiques…).

Récidives locales ou métastatiques

Une récidive peut intervenir dans diverses localisations du corps. Lorsque cela se produit à proximité de la tumeur qui avait été initialement détectée, on parle de récidive locale (dans l’organe initialement touché) ou régionale (métastases dans les ganglions qui drainent cet organe). Si elle survient à distance de la tumeur primaire, souvent au niveau d’un organe totalement différent, on parle également de cancer métastatique.

Dans ce dernier cas, des cellules cancéreuses qui ont échappé au premier traitement, proliférant de manière désordonnée, ont migré à travers le corps via les vaisseaux lymphatiques ou les vaisseaux sanguins, et formé une nouvelle tumeur dans une autre partie de l’organisme. C’est pour limiter ce risque de métastase que les ganglions lymphatiques proches de l’organe touché sont souvent eux aussi enlevés lors de la chirurgie. Cette nouvelle colonie de cellules ayant migré (la métastase) peut s’installer dans les poumons, le foie (organes très irrigués par le sang), les os ou le cerveau.

A titre d’exemple, une métastase de cancer du sein installée dans un poumon reste une tumeur constituée de cellules de sein. Il ne s’agit pas d’un cancer du poumon. Un cancer de la prostate métastatique qui a développé des métastases dans les os reste un cancer de la prostate. Il ne s’agit pas d’un cancer des os qui serait, lui, uniquement constitué de cellules osseuses.

Traitement et guérison des récidives

Pour le patient, une récidive signifie repartir dans un cycle de bilans, de biopsies et de traitements. Il peut être à nouveau amené à prendre une chimiothérapie néoadjuvante pour réduire la taille de la nouvelle tumeur avant des séances de radiothérapie. Les patients déjà opérés peuvent l’être à nouveau. Une récidive locale sera souvent traitée par la chirurgie ou par des rayons, puis par la chimiothérapie ou une hormonothérapie. En cas de métastases, la chirurgie seule souvent ne suffira pas. D’autres traitements seront nécessaires. Le traitement est défini au cas par cas, en tenant compte de l’histoire et des souhaits du patient, de sa maladie, de son patrimoine génétique.

A cet égard, de nombreux traitements innovants personnalisés et de nouvelles associations de traitements sont à l’étude ou en train d’entrer dans la pratique. En France, l’Institut national du cancer (INCa) a par exemple lancé depuis 2013 le programme d’essais cliniques AcSé (Accès Sécurisé à des thérapies ciblées innovantes), qui permet d’avoir accès à une immunothérapie ou une thérapie ciblée ayant déjà une autorisation (ou près de l’avoir) pour un cancer donné, mais qui pourraient aussi être efficaces sur d’autres tumeurs dans d’autres organes qui présentent la même anomalie génétique, avec des pistes qui sont donc prometteuses dans les cancers métastatiques. L’édition 2019 de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO) a confirmé l’essor et l’efficacité de ces nouvelles thérapies dans plusieurs indications.

Des solutions alternatives aux traitements classiques

Un cancer sur deux est aujourd’hui guéri par les traitements dits “classiques” en cancérologie (chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie). Mais lorsqu’ils s’avèrent insuffisants ou en cas de récidive, il est parfois possible de recourir à des thérapies ciblées et des immunothérapies.

Thérapies ciblées et immunothérapies

Une thérapie ciblée est un traitement personnalisé selon les caractéristiques du patient et son type de tumeur. On parle de “médecine de précision”. Les thérapies ciblées parviennent à s’attaquer aux seules cellules malignes. Elles bloquent leur croissance ou la propagation de métastases en intervenant sur les anomalies des cellules cancéreuses ou sur leurs mécanismes de croissance, comme la création de vaisseaux sanguins spécifiques.

De leur côté, les immunothérapies agissent sur le système immunitaire en le rendant apte à attaquer les cellules cancéreuses. Elles coupent la transmission utilisée par ces dernières avec les cellules immunitaires (les lymphocytes T) pour leurrer le système immunitaire. Vous entendrez ainsi parler d’inhibiteurs de points de contrôles (ou de “checkpoints”) : thérapies anti-PDL1, anti-PD1, ou anti-CTL4. Les immunothérapies agissent donc également sur des cibles précises. De nombreuses études portent sur d’autres immunothérapies, les CAR-T cells, consistant à modifier en laboratoire les lymphocytes T du patient pour les rendre capables de traquer les cellules cancéreuses. Ces avancées ont été présentées et partagées lors du congrès annuel de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO), en juin 2019.

L’Institut national du cancer indique l’existence de 51 traitements disponibles dans 19 types de cancer, dont 8 parmi les plus fréquents (cancers du sein, colorectal, du poumon, du pancréas, du rein, des voies aérodigestives supérieures, mélanome de la peau et cancer du foie). Parmi ces traitements, 47 étaient des thérapies ciblées et 4 étaient des immunothérapies spécifiques au mélanome, au cancer du poumon non à petites cellules, au cancer du rein et à la leucémie aiguë lymphoblastique.

Certains traitements sont prescrits selon les critères cliniques classiques tels que la localisation tumorale, le stade de la maladie, les traitements précédents… Leur efficacité est susceptible de beaucoup varier d’un patient à l’autre. Les autres traitements ciblés ne seront prescrits qu’à des patients bien identifiés grâce à un test moléculaire réalisé sur un échantillon de tumeur ou à partir d’un prélèvement sanguin. On dit alors que leur prescription est conditionnée par ce “biomarqueur”. Il faut compter deux à trois semaines pour avoir les résultats de ces tests.

Si un tel traitement est en cours de développement, mais n’est pas encore disponible (il n’a pas encore d’autorisation de mise sur le marché, AMM), le patient peut parfois se le voir proposer, soit via une autorisation temporaire d’utilisation (ATU), soit en intégrant un essai clinique.


SOURCES

Fondation ARC :

  • https://www.fondation-arc.org/actualites/asco-limmunotherapie-en-2019
  • https://www.fondation-arc.org/traitements-soins-cancer/hormonotherapie/quest-ce-quun-cancer-hormono-dependant

Haute autorité de santé (HAS) :

  • Communiqué de presse, « Poursuivre la recherche clinique pour positionner utilement les signatures génomiques dans la prise en charge des cancers du sein », https://www.has-sante.fr/jcms/c_2903408/fr/poursuivre-la-recherche-clinique-pour-positionner-utilement-les-signatures-genomiques-dans-la-prise-en-charge-des-cancers-du-sein, Mis en ligne le 11 févr. 2019

Institut national du cancer (INCa) :

  • https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Se-faire-soigner/Suivi/Recidive
  • https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-du-sein/Facteurs-de-risque-de-recidive
  • https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Se-faire-soigner/Suivi/Risque-de-second-cancer
  • https://www.e-cancer.fr/Professionnels-de-la-recherche/Recherche-clinique/Le-programme-AcSe
  • https://www.e-cancer.fr/Expertises-et-publications/Catalogue-des-publications/Qu-est-ce-qu-une-therapie-ciblee
  • https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Se-faire-soigner/Traitements/Therapies-ciblees-et-immunotherapie-specifique/Therapies-ciblees-modes-d-action
  • https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Se-faire-soigner/Traitements/Therapies-ciblees-et-immunotherapie-specifique/Immunotherapie-mode-d-action
  • https://www.e-cancer.fr/Professionnels-de-la-recherche/Recherche-clinique
  • https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-du-rein/Medicaments-anticancereux/Immunotherapie-et-therapies-ciblees

La Ligue contre le cancer :

  • https://www.ligue-cancer.net/vivre/article/26501_quand-le-cancer-revient
  • https://www.ligue-cancer.net/article/26109_quelques-conseils-pour-pallier-les-effets-secondaires-du-traitement-du-cancer

Pages consultées le 12/09/2019

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