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Mon cancer de la peau

Les cancers de la peau représentent entre 2% et 3% des cancers recensés en France. Ils se développent en présence de facteurs de risque tels qu’une exposition excessive au soleil ou aux ultra-violets artificiels, une peau bronzant peu avec un nombre important de grains de beauté et l’existence d’antécédents familiaux. Les carcinomes représentent 90% des cas de cancer de la peau, les 10% restants sont des mélanomes. Cette page traite du mélanome en particulier.  

COMPRENDRE MON CANCER

Les mécanismes 

Le mélanome se développe à partir des mélanocytes, les cellules qui produisent le pigment du bronzage, la mélanine, et se situent dans la couche profonde de l’épiderme. 80% des mélanomes cutanés se développent sur une peau saine, et dans 20% des cas à partir d’un ancien grain de beauté. 
Le mélanome de la peau a la capacité de devenir invasif (lorsqu’il atteint le derme) et de former des métastases dans les organes distants (poumons, foie, cerveau…) ou les ganglions lymphatiques environnants. La détection du mélanome à un stade précoce améliore son pronostic. Il est donc important de ne négliger aucune anomalie sur sa peau. 
On recense quatre grands types de mélanome cutanés : le mélanome superficiel extensif, le mélanome de Dubreuilh, le mélanome nodulaire et le mélanome acrolentigineux ou « mélanome des extrémités ». Le traitement de ces différents types de mélanome repose essentiellement sur la chirurgie qui sera adaptée à la topographie (c’est-à-dire à l’endroit où est situé le mélanome) et à la profondeur de la lésion. 

Les facteurs de risque 

La principale cause connue des cancers cutanés est l’exposition solaire excessive, notamment lorsqu’elle survient de façon répétée au cours de l’enfance. Les rayons ultra-violets artificiels des cabines de bronzage sont aussi dangereux que les UV solaires. Les personnes qui ont commencé à avoir recours à des UV artificiels avant l’âge de 30 ans voient leur risque de développer un mélanome augmenter de 75%.   
Par ailleurs, certains métiers exercés à l’extérieur et le fait de vivre dans un pays à fort ensoleillement exposent davantage les personnes aux ultra-violets. 
Les personnes présentant le plus de risques ont la peau, les yeux et les cheveux clairs, bronzent difficilement et prennent facilement des coups de soleil. Avoir plus de cinquante grains de beauté mesurant plus de 2 mm, présenter au moins deux grains de beauté irréguliers, ou encore avoir un grain de beauté depuis la naissance et d’une taille importante (20 cm), constituent aussi des facteurs de risque. Une immunité faible, ou immunodépression, augmente aussi le risque d’avoir un tel cancer de la peau. Enfin, les mutations de certains gènes accroissent le risque de développer un mélanome, dont la forme dite familiale est considérée comme une maladie rare. 10% des mélanomes seraient provoqués par des prédispositions génétiques. 
Une personne ayant déjà eu un mélanome a un risque accru d’en développer un (à nouveau). 

Les symptômes 

Le mélanome peut se manifester de deux façons : 

  • par l’apparition d’une petite tache pigmentée irrégulière sur une peau saine (cas le plus fréquent) ; 
  • par la modification d’un grain de beauté jusqu’alors stable. 

La règle ABCDE, utilisée par les dermatologues, permet de distinguer un simple grain de beauté (naevus bénin) d’un possible mélanome : 

  • Asymétrie : forme asymétrique, 
  • Bord : bords irréguliers et mal délimités, 
  • Couleur : non homogène, 
  • Diamètre : diamètre > 6 mm, 
  • Evolution : évolution de l’aspect (taille, forme ou couleur). 

Les patients à risque élevé de mélanome doivent consulter régulièrement un dermatologue et pratiquer un auto-examen cutané à la recherche de lésions suspectes. 
Lorsqu’un cancer de la peau est suspecté, le parcours de soins commence par un bilan qui permet de bien définir le stade et les caractéristiques du cancer et ainsi de proposer le traitement le mieux adapté. Il peut nécessiter plusieurs consultations et prendre du temps, ce qui peut être mal vécu dans un contexte d’anxiété. Mais le traitement aura plus de chances d’être efficace avec un bilan minutieux. Plus de détails sont donnés ci-dessous dans la partie « Agir pour me soigner ». 

Les chiffres 

L’INCa estime le nombre de nouveaux cas de mélanomes cutanés à 15 404 en 2017 en France (8 061 hommes et 7 343 femmes). L’âge moyen au moment du diagnostic était de 56 ans en 2012. 
Selon le Centre international de recherche sur le cancer (le CIRC, qui est rattaché à l’Organisation Mondiale de la Santé), plus de 80% de ces cancers de la peau seraient liés à l’exposition solaire. 

Agir pour me soigner 

Le traitement des cancers de la peau est essentiellement chirurgical pour les stades localisés. Dans les mélanomes les plus évolués, le développement de nouveaux médicaments anticancéreux a permis d’améliorer la prise en charge, la qualité et l’espérance de vie des patients touchés par ces formes de cancer. 

Les traitements 

Plusieurs traitements peuvent être utilisés, seuls ou en combinaison : la chirurgie, des médicaments et la radiothérapie. Le choix et l’ordre des traitements dépendent du stade et de l’étendue du mélanome au moment du diagnostic. 
La chirurgie est le traitement de référence des mélanomes sans métastase à distance. Elle consiste à retirer la totalité de la lésion au cours d’une première intervention, appelée « exérèse diagnostique ». Cette opération permet aussi d’étudier les caractéristiques de la tumeur et de confirmer s’il s’agit bien d’un mélanome.  
Si nécessaire, une deuxième opération, appelée exérèse élargie, pourra être programmée. Au cours de cette intervention, le chirurgien retire une « marge de sécurité » de tissu sain de 0,5 à 3 cm autour de la lésion, selon la zone concernée.  
Parfois, le retrait d’un ou plusieurs ganglions situés à proximité du mélanome sont retirés au cours cette opération, qui est alors réalisée sous anesthésie générale. Si ces ganglions ne sont pas atteints par les cellules cancéreuses, le risque de récidive est plus faible. Si des cellules cancéreuses y sont détectées, une opération de curage ganglionnaire sera envisagée. 
Pour plus d’informations sur les différentes techniques chirurgicales, vous pouvez consulter la page « Mon opération chirurgicale ». 

Des médicaments anticancéreux peuvent être associés à la chirurgie : chimiothérapie, immunothérapie ou thérapies ciblées. Plus rarement, une radiothérapie externe peut également être utilisée selon les cas, en complément de la chirurgie et/ou des traitements médicamenteux.  
Pour les mélanomes métastatiques, les traitements visent surtout les métastases : 

  • Ablation chirurgicale lorsqu’elle est possible. 
  • Médicaments : l’immunothérapie vise à stimuler les défenses immunitaires de l’organisme contre les cellules cancéreuses ; les thérapies ciblées bloquent certains mécanismes essentiels à la croissance et à la propagation des cellules cancéreuses ; la chimiothérapie détruit les cellules cancéreuses en les empêchant de se diviser.  
  • Radiothérapie
  • Radiofréquenceou cryochirurgie : ces techniques consistent à introduire sous guidage échographique des aiguilles dans les métastases, permettant d’appliquer à l’intérieur de la tumeur une chaleur ou un froid intense qui détruit les cellules cancéreuses, et coagule les vaisseaux, privant la tumeur d’oxygène et de nutriments. 
  • Chimiothérapie sur membre perfusé isolé. Elle vise à traiter le bras ou la jambe atteint(e). La circulation sanguine du membre concerné est dérivée, de manière à l’isoler du reste du corps. De fortes doses de chimiothérapie sont administrées dans la circulation isolée. 
  • Radiothérapie stéréotaxique : elle consiste à administrer un faisceau de rayons qui se concentre sur la tumeur pour la détruire. Cette technique nécessite une seule séance et peut être utilisée notamment en cas de métastases cérébrales, pulmonaires, osseuses vertébrales. 

Mon parcours de soins 

Devant une lésion cutanée suspecte, le parcours commence souvent avec le médecin traitant ou le dermatologue.  
Lorsque la suspicion de cancer de la peau est confirmée par le dermatologue, la totalité de la lésion est retirée afin d’être analysée au laboratoire. Selon les cas, cette exérèse peut être réalisée au cabinet de votre dermatologue ou par un chirurgien, généralement sous anesthésie locale et en ambulatoire. 
L’examen au microscope des tissus prélevés confirme le diagnostic de carcinome ou de mélanome et permet d’étudier les cellules cancéreuses et la tumeur et de déterminer ses caractéristiques, afin d’orienter le choix des traitements. 
Dans la majorité des cas, le traitement des carcinomes et des petits mélanomes localisés s’arrête là et nécessite la mise en place d’un suivi régulier avec le dermatologue.  
Pour les mélanomes présentant un ou des facteurs de risque, un bilan complémentaire est effectué après l’exérèse chirurgicale afin de rechercher d’éventuelles métastases : échographie des ganglions lymphatiques, scanner thoraco-abdomino-pelvien et cérébral, tomographie par émission de positons. A l’issue de ce bilan, une réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP), qui rassemble au moins trois médecins de spécialités médicales différentes (dermatologue, chirurgien, oncologue médical, anatomopathologiste…) établit une proposition personnalisée de traitements qui est discutée avec vous. Il peut aussi vous être proposé de participer à un essai clinique. 
La durée totale du traitement est variable. Il peut avoir lieu tous les jours pendant une période donnée, ou bien par cures successives intercalées de période de repos. Une évaluation de la réaction du mélanome aux traitements est réalisée après deux ou trois mois. Le traitement est alors prolongé s’il est efficace et suffisamment bien toléré ou modifié s’il est inefficace ou mal toléré. 
Une fois le traitement initial terminé, un suivi régulier est mis en place pour repérer une éventuelle récidive. Dans le cas des mélanomes avec facteurs de risque, le suivi pourra ou non intégrer des examens complémentaires, à une fréquence adaptée au cas par cas. 
En fonction des besoins, et tout au long des traitements et du suivi, vous pouvez selon les centres bénéficier du soutien d’autres professionnels spécialisés : assistante sociale, psycho-oncologue, spécialiste de la douleur, diététicienne, coiffeur, esthéticienne. Des groupes de soutien et des associations de patients sont souvent proposés dans les centres spécialisés. 
Les étapes de la prise en charge peuvent varier selon les patients, les types de mélanome et les différents établissements de soins. Elles sont communiquées à titre indicatif. 

Mon quotidien 

Un patient ayant eu un mélanome présente plus de risques de développer un nouveau cancer de la peau. Toutes les personnes ayant été traitées pour tel cancer reçoivent plusieurs recommandations : 

  • apprendre le principe de l’autosurveillance (repérage des lésions suspectes) et la pratiquer à la fréquence conseillée par le dermatologue ; 
  • consulter son spécialiste selon la fréquence de suivi recommandée et au moindre doute sur une lésion suspecte ; 
  • mettre en œuvre une protection solaire systématique : éviter de s’exposer au soleil durant les heures les plus chaudes de la journée ; porter un chapeau, des vêtements à manches longues et des lunettes de soleil ; sur les zones découvertes, appliquer une crème solaire d’indice élevé, toutes les deux heures et après une baignade ; s’équiper de vêtements UV protecteurs. 

Leur connaissance des bons réflexes peut aussi aider à sensibiliser leur entourage. Chaque année au mois de mai, la Semaine de prévention et de dépistage des cancers de la peau permet d’informer les publics les plus à risques et de dépister des lésions cancéreuses.  


SOURCES 

Ameli.fr 

  • « Comprendre le mélanome », https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/melanome/definition-facteurs-favorisants, consulté le 6/08/2019  
  • « Mélanome : symptômes, diagnostic et évolution », https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/melanome/symptomes-diagnostic-evolution, consulté le 6/08/2019   
  • « Traitement du mélanome », https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/melanome/traitements, consulté le 6/08/2019  
  • « Mélanome : suivi et vie quotidienne », https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/melanome/vie-quotidien, consulté le 6/08/2019   
  • « Dépister le mélanome », https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/melanome/depistage, consulté le 6/08/2019  
  • « Mélanome : comment prévenir ? » , https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/melanome/prevention, consulté le 6/08/2019   

Société française de dermatologie : 

  • « Les carcinomes », https://dermato-info.fr/article/Cancers_de_la_peau_les_carcinomes, consulté le 6/08/2019 
  • « Les mélanomes », https://dermato-info.fr/article/Cancers_de_la_peau_les_melanomes, consulté le 6/08/2019 
  • https://www.sfdermato.org  

Institut national du cancer  :  

  • « Epidémiologie » https://www.e-cancer.fr/Professionnels-de-sante/Depistage-et-detection-precoce/Detection-precoce-des-cancers-de-la-peau/Epidemiologie, consulté le 6/08/2019 
  • « Etendue du cancer et traitements », https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Melanome-de-la-peau/Quels-traitements/Etendue-du-cancer-et-traitements, consulté le 6/08/2019 
  • « La Semaine de prévention et de dépistage des cancers de la peau », https://www.e-cancer.fr/Professionnels-de-sante/Depistage-et-detection-precoce/Detection-precoce-des-cancers-de-la-peau/Journee-du-SNDV, consulté le 6/08/2019  
  • « Données Essentielles : Mélanome cutané »,  https://www.e-cancer.fr/ressources/cancers_en_france/pages/INCa_Cancers_en_France_2017_DESK-76.html, consulté le 6/08/2019  
  • « Les traitements du mélanome de la peau », guide en lignehttps://www.e-cancer.fr/Expertises-et-publications/Catalogue-des-publications/Les-traitements-du-melanome-de-la-peau, consulté le 6/08/2019 
  • https://www.e-cancer.fr/Comprendre-prevenir-depister/Reduire-les-risques-de-cancer/Exposition-aux-rayonnements-UV/Mieux-se-proteger-du-soleil, consulté le 6/08/2019

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