Mieux gérer la fatigue liée au cancer du rein grâce à l’Activité Physique Adaptée (APA)
Chaque année, environ quinze mille personnes sont touchées par le cancer du rein1. Les traitements proposés sont nombreux, mais peuvent entraîner des effets secondaires, parmi lesquels la fatigue est l’un des plus fréquents et difficiles à vivre au quotidien. La fatigue liée au cancer se traduit par une grande difficulté à réaliser des activités physiques ou mentales, même simples, et peut donner l’impression d’être “vidé de son énergie”2. Ce n’est pas une simple baisse de forme : elle peut être intense, durer longtemps, et ne pas s’améliorer avec le repos ou le sommeil. Heureusement, des solutions existent pour mieux la gérer, notamment grâce à l’activité physique adaptée, ou APA.
Comprendre la fatigue liée au cancer du rein : la première étape pour la surmonter
La fatigue est fréquente dès le début du cancer du rein et peut s’aggraver avec les traitements. La fatigue liée au cancer est très différente de la fatigue habituelle : elle ne disparait pas avec le repos, elle dure souvent longtemps et peut fortement peser sur votre vie quotidienne. Elle peut affecter votre force, votre souffle, votre concentration, votre mémoire, votre humeur, votre vie sociale et même votre sommeil. 3,4,5
Il s’agit d’un symptôme complexe, influencé à la fois par le corps, l’esprit et l’environnement. C’est ce que les professionnels de santé appellent une fatigue bio-psycho-sociale.
Si elle n’est pas prise en charge, elle peut réduire votre envie ou votre capacité à bouger, ce qui affaiblit encore plus le corps et renforce la fatigue 6,7. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette fatigue :
- Biologiques : la maladie, les traitements, la baisse d’activité physique, la perte de force musculaire ou cardiaque, et la fragilité des os 8,9,10 ;
- Psychologiques : le stress, les inquiétudes, la baisse de moral, le manque de confiance en soi.
- Sociaux : l’isolement, un environnement qui ne favorise pas l’activité, ou certaines habitudes et croyances.11
L’Activité Physique Adaptée : une réponse efficace contre la fatigue liée au cancer
Contrairement aux idées reçues, le repos complet n’est pas la meilleure réponse à la fatigue liée au cancer : l’inactivité tend même à l’aggraver.
La pratique régulière d’une activité physique adaptée (APA), même modérée (marche, vélo, natation…), permet de réduire significativement la fatigue, retrouver de l’énergie et améliorer la qualité de vie 10. Les bénéfices sont démontrés dès le diagnostic et à tous les stades de la maladie.
Les experts recommandent environ 150 minutes d’activité physique douce à modérée par semaine à ajuster selon vos capacités. Encadrée par des professionnels formés, l’APA adapte les exercices aux besoins, à l’état de santé et aux limites du patient, ce qui en fait une intervention non médicamenteuse de première intention pour lutter contre la fatigue cancéreuse.
Une pratique, de multiples bénéfices
L’Activité Physique Adaptée (APA) a pour objectif de maintenir, voire renforcer, votre force musculaire et votre endurance cardio-respiratoire, en tenant compte de votre état de santé, de votre condition physique et de vos besoins personnels. Pratiquer régulièrement des exercices doux et ciblés peut permettre de réduire jusqu’à 30 % la fatigue, l’essoufflement et la sensation de faiblesse 12.
Mais les bienfaits de l’APA vont au-delà de la fatigue. Elle agit également sur d’autres symptômes souvent liés au cancer, comme les douleurs, les troubles du sommeil, l’anxiété ou la dépression. Ainsi, elle contribue à améliorer votre qualité de vie et à mieux supporter les traitements 13.
L’activité physique adaptée vous aide à :
- Retrouver de l’énergie : Bouger facilite l’utilisation de l’oxygène par le corps, améliore la circulation sanguine et apporte un véritable coup de boost naturel.
- Mieux dormir : L’APA favorise un sommeil plus profond et plus réparateur.
- Soutenir votre moral : L’exercice stimule la production d’endorphines, les « hormones du bien-être », qui aident à apaiser le stress, l’anxiété et les baisses de moral.
- Préserver votre masse musculaire : Bouger limite la perte musculaire, un élément essentiel pour rester autonome au quotidien.
- Renforcer vos défenses naturelles : Une activité régulière, même douce, aide à stimuler le système immunitaire.
L’étude CHALLENGE, présentée à l’ASCO 2025, renforce l’intérêt de l’APA chez les personnes atteintes de cancer. Menée chez 1 700 patients opérés d’un cancer du côlon et ayant terminé la chimiothérapie, elle a montré qu’un programme d’exercices structuré pendant plusieurs années peut réduire d’environ 28% le risque de récidive et améliorer la survie globale des patients 14.
Comment intégrer l’activité physique adaptée au quotidien ?
Voici quelques conseils concrets pour faire de l’activité physique une habitude simple et agréable, adaptée à votre rythme de vie :
1. Commencez en douceur
Avec l’accord de votre médecin, l’APA peut être débuté en même temps que votre traitement. Certaines personnes démarrent même leur programme d’APA avant une opération ou un traitement, pour mieux y faire face. Mais il n’est jamais trop tard pour commencer : même en phase de suivi, l’activité physique peut vous aider à retrouver de l’énergie et de la confiance. Pas besoin de faire de longues séances dès le début : même 10 minutes par jour peuvent faire la différence. Il vaut mieux marcher 10 minutes par jour que faire une séance intense une fois par semaine. La régularité est la clé. Vous pouvez débuter avec 2 à 3 séances par semaine, de 20 à 30 minutes, à votre propre rythme.
2. Choisissez une activité qui vous fait plaisir
Bouger doit rester un moment de bien-être, pas une contrainte. L’important, c’est de choisir des exercices doux, réguliers, et adaptés à votre niveau d’énergie. Essayez des activités qui vous plaisent : marche douce ou nordique, yoga, tai-chi, gymnastique adaptée, vélo d’appartement, exercices de respiration ou de relaxation ou même une promenade en plein air. Ces activités peuvent se pratiquer à la maison, en centre de soins, ou en structure spécialisée, en individuel ou en petit groupe.
3. Intégrez le mouvement à votre quotidien
Pas besoin de programme compliqué : l’activité physique peut facilement s’intégrer dans vos gestes de tous les jours :
- Faites quelques étirements le matin,
- Travaillez votre équilibre en vous brossant les dents,
- Préférez parfois les escaliers à l’ascenseur, même pour quelques marches, toujours à votre rythme,
- Privilégiez les déplacements actifs dès que possible (marche, vélo, transports en commun).
4. Chaque effort, même petit, est bénéfique
Mieux vaut une activité modeste, mais régulière, qu’un objectif trop ambitieux rapidement abandonné. Le plaisir est un moteur essentiel pour garder la motivation sur le long terme. Persévérez, soyez indulgent avec vous-même, et vous verrez que les bons réflexes s’installeront peu à peu de façon durable.
Parlez-en avec votre équipe médicale
Avant de commencer, parlez-en avec votre oncologue, votre médecin traitant ou votre infirmier référent. Ils pourront évaluer votre fatigue et vos capacités physiques, vous orienter vers un spécialiste de l’activité physique adaptée, et vous aider à trouver un programme près de chez vous, parfois pris en charge financièrement.
En résumé
L’activité physique adaptée est un allié précieux pour mieux vivre avec un cancer du rein. Elle aide à lutter contre la fatigue, améliore votre qualité de vie, et peut vous redonner un sentiment de contrôle sur votre corps et votre bien-être.
Il n’est pas nécessaire de faire des efforts intenses : quelques minutes par jour, bien guidées, peuvent déjà apporter de grands bénéfices. Une vidéo est aussi disponible pour vous montrer des exercices simples à réaliser au quotidien.
Cet article a été réalisé en collaboration avec Cureety. Cureety est une plateforme de télésurveillance en oncologie
Si vous ressentez un effet indésirable au cours d’un traitement, qu’il soit mentionné ou non dans cet article, parlez-en sans attendre à votre médecin/pharmacien/équipe soignante.
Vous pouvez également le signaler sur le site dédié du Ministère chargé de la santé: https://signalement.social-sante.gouv.fr afin de contribuer à fournir davantage d’informations sur la sécurité de votre traitement.
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