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En voie de guérison

Une fois les traitements achevés, le cancer conserve un peu de son impact sur la vie des patients et de leurs proches. C’est pourquoi, même en rémission, les patients continuent à bénéficier d’aide et de soutien pour aborder leur vie après le cancer.

Rémission et guérison

En médecine, on parle de guérison à partir de la disparition complète des signes d’une maladie. En cancérologie, le concept de guérison est utilisé avec davantage de prudence puisqu’il s’évalue en fonction du temps passé à partir d’une rémission complète de la maladie.

Une question de temps

On parle de rémission lorsque la maladie perd du terrain et que l’état du patient s’améliore, et de rémission complète en l’absence de signes de la maladie. L’état d’un patient peut cependant s’améliorer sans que l’on puisse déjà parler de rémission. Une rémission complète ne signifie pas pour autant qu’un cancer est guéri, car certaines cellules cancéreuses peuvent simplement être “dormantes”, par exemple trop petites pour être détectées lors des examens. C’est pourquoi les traitements sont parfois poursuivis alors même qu’une rémission est constatée.

Si la rémission complète dure au moins cinq ans, on parle généralement de guérison. Mais il n’existe pas de règle absolue. Parfois le cancer est guéri plus tôt. Dans le cas d’un cancer à croissance rapide, si une récidive doit intervenir, ce sera généralement avant ce délai de cinq ans. A contrario, on a vu des cancers du sein récidiver au bout de 20 ans. Il n’en demeure pas moins que les récidives sont très rares au-delà de cinq ans. Une chose est sûre : plus le temps passe, plus la probabilité de guérison est forte. Il faut aussi noter que certains cancers sont d’évolution très lente. C’est le cas par exemple de la leucémie lymphoïde chronique (forme la plus fréquente des leucémies de l’adulte) qui est désormais considérée comme une maladie chronique à surveiller, mais qui n’est pas traitée systématiquement.

Une guérison est théoriquement possible dans tous les types de cancers. Elle dépendra de différents facteurs : type de tumeur, stade auquel on découvre cette tumeur, réponse du patient aux traitements…

Des taux de survie en hausse

Si le taux de guérison varie d’un cancer à l’autre, il augmente globalement grâce au progrès thérapeutique, nouveaux traitements et associations de traitements : chimiothérapies préadjuvantes avant la radiothérapie, thérapies ciblées associées entre elles ou en complément d’une chimiothérapie, traitements adjuvants poursuivis après la fin du traitement principal (traitements ciblés, hormonothérapies…), etc. Les hormonothérapies permettent par exemple de bloquer l’action négative des stéroïdes dans le cancer du sein et le cancer de la prostate et de diminuer le risque de récidive.

Parmi les traitements innovants les plus prometteurs, le congrès 2019 de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO), a confirmé l’efficacité des immunothérapies, avec par exemple une augmentation de la survie à 5 ans dans certains cancers du poumon. Lors de l’édition 2018 de l’ASCO, une étude avait mis en évidence une augmentation importante de la survie des patients atteints de la forme la plus fréquente de cancer du pancréas grâce à l’association de deux chimiothérapies. En France, l’Institut national du cancer (INCa) a lancé le programme d’essais cliniques AcSé (Accès Sécurisé à des thérapies ciblées innovantes), qui permet d’avoir accès à des thérapies ciblées ayant déjà une autorisation pour un cancer donné, mais qui pourraient aussi être efficaces sur d’autres tumeurs qui présentent la même anomalie génétique…

La vie après

Une fois les traitements achevés, les répercussions de la maladie, physiques ou psychologiques, peuvent toujours se faire sentir. C’est pourquoi il existe un programme personnalisé de l’après-cancer (PPAC).

Les suites du cancer

Après les traitements, le patient est confronté à une nouvelle réalité. Il n’est pas si aisé de retrouver exactement sa vie d’avant la maladie. Outre les conséquences “directes” du cancer sur son état physique et psychologique, le patient peut avoir besoin de temps et d’aide pour se sentir guéri et ne pas vivre dans l’angoisse d’une récidive, par exemple. Il lui faut également accepter que son corps puisse avoir changé, parfois visuellement ou dans ses capacités.

Certains effets indésirables peuvent mettre du temps à disparaître, comme la fatigue, ou encore apparaître tardivement. Le cancer aura également bouleversé les relations aux autres, au sein du couple et de la famille. Dans le couple, une communication satisfaisante permet de diminuer la détresse de chacun et contribue à un meilleur ajustement du couple à la situation.

Après la maladie, le Plan Personnalisé de Soins (PPS) va donner lieu à un “programme personnalisé de l’après-cancer” (PPAC), parfois intituléplan personnalisé de l’après-traitement”, précise l’Institut national du cancer (INCa). On liste dès le PPS tout élément qui permettra d’anticiper le suivi post-thérapeutique : prise en charge nutritionnelle, sevrage tabagique, soutien psychologique, réinsertion professionnelle…

Le PPAC est remis au patient dès la fin des traitements actifs. Son volet de surveillance médicale rappelle les traitements reçus, leurs éventuelles complications (comme des effets secondaires tardifs), les traitements qu’il faut continuer et leurs éventuels effets indésirables. Il comprend un calendrier des consultations et examens de surveillance. Un autre volet est lié à la qualité de vie et aux soins de supports dont peut bénéficier le patient.

Un volet social inclut notamment une évaluation de la situation professionnelle et la suite envisagée avec les démarches nécessaires : reprise du travail, mesures de réinsertion professionnelle, arrêt de l’activité, reclassement professionnel, suite de la scolarité et ses adaptations pour un jeune, invalidité, retraite, contact avec la médecine du travail…

Comme le PPS, le PPAC indique les contacts et relais de proximité utiles. Et comme le PPS, il pourra être révisé au fil du temps selon les besoins.

La prévention

Il faut accepter de se laisser un peu de temps avant de se retrouver. Cette période de transition et d’adaptation peut être l’occasion de faire le point sur certains comportements et de mettre en pratique quelques mesures de prévention pour vous assurer le meilleur état de santé possible.

Il n’est ainsi jamais trop tard pour arrêter de fumer. Il en va de même diminuer sa consommation d’alcool. Si vous rencontrez des difficultés ou avez besoin d’aide en cette période délicate, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien. L’après-cancer peut aussi être le bon moment pour adopter une alimentation équilibrée grâce aux conseils que votre équipe de suivi pourra vous donner. De même, elle saura vous aider à trouver une activité physique adaptée à votre état de forme et à vos aspirations.


SOURCES

Fondation ARC :

  • https://www.fondation-arc.org/le-cancer-en-chiffres
  • https://www.fondation-arc.org/actualites/asco-limmunotherapie-en-2019

Institut national du cancer :

  • https://www.e-cancer.fr/Professionnels-de-la-recherche/Recherche-clinique/Le-programme-AcSe
  • https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/La-prise-en-charge-de-la-leucemie-lymphoide-chronique/Les-LLC-points-cles
  • https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-du-sein/Hormonotherapie
  • https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Se-faire-soigner/Suivi/Conseils-de-prevention
  • Guide SOR “Vivre pendant et après un cancer” (publié en partenariat avec l’INCa)

Unicancer :

  • http://www.unicancer.fr/actualites/groupe/asco-2018-cancer-du-pancreas-augmentation-significative-survie

European Journal of Oncology Nursing :

  • Volume 18, Issue 1, February 2014, Pages 58-65, “A literature review on the mutual impact of the spousal caregiver–cancer patients dyads: ‘Communication’, ‘reciprocal influence’, and ‘caregiver–patient congruence’”, Qiuping Li, Alice Yuen Loke, mis en ligne le 4/10/2013 https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1462388913000999

Publications et sites web consultés le 12/09/2019.

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