Mon cancer du rein

Donnant lieu à peu de symptômes, le cancer du rein est souvent découvert par hasard et diagnostiqué à un stade localisé pour plus de la moitié des patients. C’est un cancer de bon pronostic lorsqu’il est découvert à ce stade. Le développement de nouveaux traitements apporte l’espoir d’améliorer le pronostic de cette maladie, qui touche environ 13 000 personnes chaque année en France.

Comprendre mon cancer

Les mécanismes

Les reins 

Les deux reins se situent de part et d’autre de la colonne vertébrale, à l’arrière de la cavité abdominale. Ils remplissent plusieurs fonctions dans l’organisme : filtrer le sang et en éliminer les déchets, assurer l’équilibre des liquides corporels en maintenant les concentrations des substances qui y sont dissoutes : sodium, potassium, calcium ; réguler la pression artérielle en sécrétant la rénine et stimuler la production de globules rouges et d’hémoglobine dans la moelle osseuse, en secrétant de l’EPO (époïétine).

Chaque rein contient environ un million de néphrons qui filtrent le sang. Environ 7,5 litres de sang par heure peuvent ainsi être filtrés. Une grande partie de l’eau, des sels, des minéraux et des sucres est réabsorbée dans l’organisme. Seuls les déchets sont éliminés sous forme d’urine. Chaque rein contient une cavité, appelée bassinet, dans laquelle l’urine est collectée. L’urine part du bassinet, passe par les uretères avant d’arriver à la vessie et d’être évacuée par l’urètre.

Les cancers du rein

Dans la majorité des cas, le cancer se développe à partir du parenchyme, le tissu qui assure la fonction d’épuration rénale, et est appelé “carcinome à cellules rénales”. Une minorité de cancers du rein regroupent de nombreux types de tumeurs, relativement plus rares.

Lorsqu’un cancer du rein se développe, les cellules cancéreuses sont d’abord peu nombreuses et limitées à l’intérieur du rein : il s’agit d’un cancer “localisé”. Avec le temps et en l’absence de traitement, les cellules cancéreuses deviennent plus nombreuses et la taille de la tumeur augmente. Elle peut s’étendre au-delà du rein et toucher les tissus et les organes adjacents. Dans ce cas, on dit que le cancer est “localement avancé”.
Des cellules cancéreuses peuvent se décrocher de la tumeur et se disséminer par le biais des vaisseaux lymphatiques ou sanguins, et former des tumeurs secondaires ou métastases dans d’autres parties du corps, notamment les ganglions lymphatiques, les poumons, les os, le foie ou le cerveau. On parle alors de cancer métastatique.

Les facteurs de risques

Les personnes atteintes d’insuffisance rénale et traitées par dialyse depuis plus de trois ans ont un risque de développer un cancer du rein supérieur à celui de la population générale.
La survenue du cancer du rein est aussi plus fréquente chez les personnes souffrant d’hypertension artérielle ou d’obésité. Plus l’indice de masse corporelle (IMC) est important, plus le risque de cancer du rein est élevé.

Par ailleurs, le risque de développer un cancer du rein est multiplié par 1,5 chez les fumeurs par rapport au risque encouru par des personnes n’ayant jamais fumé. Le risque chez les personnes ayant arrêté de fumer diminuerait d’environ 25% après 10 à 15 ans d’arrêt, par rapport aux fumeurs.
La plupart des cancers du rein n’ont pas d’origine héréditaire. Cependant, dans quelques familles, le risque de cancer du rein est supérieur à celui observé dans le reste de la population. On estime que 2 à 3% des cas sont d’origine génétique, et on connait quatre gènes majeurs impliqués : VHL, FH, MET et FLCN. Les patients atteints de ces cancers rares bénéficient d’une prise en charge spécifique grâce aux centres experts du réseau national PREDIR (« PREDIspositions aux tumeurs du Rein »).

Les symptômes

Dans la plupart des cas, le cancer du rein se développe silencieusement. Il est découvert par hasard au cours d’une échographie ou d’un scanner de l’abdomen réalisé pour une autre raison. Mais il peut parfois se traduire par du sang dans les urines, une douleur dans le flanc ou une masse anormale au niveau des lombaires.
Un cancer du rein peut être révélé par ses métastases, en particulier au niveau des poumons, avec une toux ou un essoufflement. Les métastases peuvent moins fréquemment concerner d’autres localisations comme les os, le foie et le cerveau.
Le cancer du rein peut aussi se manifester au travers de ses complications telles qu’un œdème des jambes lié à l’obstruction de la veine cave par des cellules tumorales. Il peut aussi provoquer une augmentation du nombre de globules rouges ou se manifester par des symptômes non spécifiques, comme une altération de l’état de santé général, une perte de poids et/ou une fièvre inexpliquée.

Le scanner de l’abdomen permettra de diagnostiquer le cancer du rein et d’évaluer sa taille et son extension. Parfois, une IRM de l’abdomen est effectuée en plus ou à la place du scanner. Enfin, un bilan sanguin est également réalisé. Le patient est ensuite dirigé vers un établissement autorisé à pratiquer la chirurgie des cancers urologiques où il est pris en charge par une équipe spécialisée. Dans la plupart des cas, une chirurgie du rein est pratiquée.

C’est l’analyse des tissus retirés au cours de l’intervention qui permettra de confirmer le diagnostic. Une biopsie peut être réalisée à la place d’une opération, pour prélever un échantillon de rein dans la zone suspecte et l’analyser. Cette analyse s’appelle un examen anatomopathologique. Il est indispensable pour confirmer le diagnostic et déterminer les caractéristiques du cancer.

Les chiffres

Selon l’Institut national du cancer, le cancer du rein représente environ 13.000 cas par an en France. Les hommes sont deux fois plus touchés par ce type de cancer que les femmes. Les patients ont en moyenne 65 ans au moment du diagnostic.

Le cancer du rein détecté à un stade localisé a un bon pronostic, ce qui est le cas de plus de la moitié des patients. L’INCa précise que « les statistiques disponibles actuellement reposent sur des données qui ne tiennent pas compte des progrès les plus récents réalisés en matière de traitements ».

Agir pour me soigner

La chirurgie est le traitement de référence des cancers du rein. Ses techniques évoluent avec le développement la chirurgie coelioscopique et robotique, la radiofréquence et la cryoablation. Quand le cancer a formé des métastases, des traitements complémentaires peuvent être prescrits : thérapies ciblées, immunothérapie et radiothérapie.

Les traitements

La chirurgie constitue le traitement de référence des cancers du rein localisés. Les médicaments anticancéreux sont essentiellement proposés pour traiter les cancers du rein avec métastases. Les deux principaux types de médicaments utilisés sont des thérapies ciblées et l’immunothérapie. Ils sont associés ou non selon les cas à une ablation de la tumeur rénale et parfois des métastases, lorsque celles-ci sont opérables et peu nombreuses.

La chirurgie

L’intervention consiste à enlever soit la totalité du rein, on parle alors de néphrectomie totale, soit seulement la partie du rein où est située la tumeur, c’est une néphrectomie partielle.
La néphrectomie totale ou « élargie » est pratiquée pour les tumeurs de plus de 7 cm. Le rein est entièrement retiré.
La néphrectomie partielle est réalisée en cas de tumeur de moins de 4 cm. On ne retire que la tumeur. A long terme, cette chirurgie, dite conservatrice, permet une meilleure préservation de la fonction rénale.
Le choix entre néphrectomie totale et partielle dépend de la localisation et des caractéristiques de la tumeur, de la fonction rénale du patient et de son état général.

Les techniques chirurgicales du cancer du rein ont beaucoup progressé ces dernières années :

  • La chirurgie par laparotomie consiste à ouvrir l’abdomen. Le chirurgien visualise ainsi la cavité abdominale ainsi que ses instruments et ses gestes.
  • La chirurgie « à ventre fermé », par coelioscopie, a été développée plus récemment. Elle consiste à introduire une caméra et des instruments chirurgicaux munis d’une longue tige dans la cavité abdominale au travers de plusieurs petites incisions. Le chirurgien manipule ses instruments depuis l’extérieur du patient et voit ce qu’il fait sur un écran. Les avantages de la chirurgie coelioscopique sont une plus petite incision, moins douloureuse en postopératoire, avec une cicatrice plus esthétique. Elle permet le plus souvent une durée d’hospitalisation plus courte.
  • Des techniques de chirurgie cœlioscopique robot-assistée ont été récemment développées dans quelques centres : non seulement le chirurgien contrôle l’intervention sur un écran, mais en outre il ne manipule plus directement les instruments et les commande par le biais d’un système robotique.

La durée d’hospitalisation est très variable : elle peut être de quelques jours après une chirurgie coelioscopique sans complication à plusieurs semaines. La durée de convalescence est de l’ordre de 15 jours à 1 mois.

Les techniques ablatives

La radiofréquence et la cryoablation représentent de nouvelles alternatives dans le traitement des petites tumeurs rénales. Elles détruisent les cellules cancéreuses par une chaleur ou un froid intense respectivement, au cœur de la tumeur.

Dans les cancers du rein métastatiques, des médicaments anticancéreux peuvent prescrits, en combinaison ou non avec une chirurgie. Moins fréquemment, un traitement par radiothérapie peut venir compléter le programme personnalisé de soins du patient.

L’immunothérapie

L’immunothérapie repose sur des médicaments qui vont soit stimuler le système immunitaire, soit rendre les cellules cancéreuses reconnaissables par ce dernier.

Les thérapies ciblées

Les thérapies ciblées sont des médicaments qui empêchent les cellules tumorales de se multiplier, soit directement, soit en empêchant le développement des vaisseaux sanguins dans la tumeur.

La radiothérapie

La radiothérapie est parfois proposée pour soulager les patients des symptômes provoqués par la formation de métastases dans le cerveau ou les os.

Tous ces traitements sont susceptibles d’entraîner des effets indésirables. Pour plus d’informations, consultez attentivement les pages de la rubrique « Mon traitement », la notice des médicaments qui vous sont prescrits, et parlez-en à votre équipe soignante.

Mon parcours de soins

Lorsqu’un cancer du rein est suspecté, le parcours de soin commence par un bilan diagnostique : consultation avec un spécialiste, scanner abdominal et selon les symptômes, d’autres examens pour rechercher d’éventuelles métastases formées dans d’autres organes comme les poumons, les os ou le foie.
D’autres examens sont réalisés pour évaluer l’état général du patient : numération des globules rouges et mesure de l’hémoglobine, mesure de la créatinine et de l’urée permettant d’évaluer la fonction rénale.

L’analyse au microscope de la tumeur sera effectuée dans la plupart des cas après la chirurgie, ou sur un prélèvement (biopsie) à travers la peau. Cette analyse permet de déterminer les caractéristiques de la tumeur et de définir les traitements les plus appropriés en fonction du type de la tumeur.

Lorsqu’une prédisposition héréditaire est suspectée, une consultation d’oncogénétique est réalisée, de façon à proposer une surveillance étroite chez les personnes à risque de la famille, permettant un diagnostic et un traitement précoce dans le cas où un cancer rénal se développerait.

Une fois le bilan terminé, un programme personnalisé de soins peut être défini en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) réunissant divers spécialistes. Il peut être proposé lors d’une consultation d’annonce, et doit faire l’objet d’un accord mutuel. Toutes les options thérapeutiques disponibles sont décrites au patient, ainsi que les bénéfices attendus et les effets indésirables potentiels. C’est le moment de poser toutes les questions qui vous préoccupent, de demander des éclaircissements et de faire part de vos craintes ou des problèmes pratiques que vous pouvez anticiper.

Après la phase de traitement initiale, un suivi ou “surveillance” est proposé : il peut être réalisé par le médecin traitant, l’urologue ou l’oncologue. Il comporte des consultations médicales, des examens comme des bilans sanguins et des scanners de l’abdomen et/ou du thorax, à une fréquence variable selon la situation du patient.
Cette surveillance a pour but de détecter les signes de récidive pour les traiter rapidement, de prévenir et traiter les éventuels effets indésirables liés aux traitements et d’assurer la meilleure qualité de vie possible.

Les étapes de la prise en charge peuvent varier selon les patients et les différents établissements de soins. Elles sont communiquées à titre indicatif.

Mon quotidien

Comment organiser sa vie avec un cancer du rein ? Comme toute maladie grave, le cancer ouvre des droits à des prestations, mais les démarches peuvent parfois sembler complexes.

L’Institut national du cancer a publié en mars 2018 un guide sur ces questions. Vous pouvez aussi vous référer aux articles de la rubrique « Mieux vivre mon cancer » sur les démarches administratives.

Le diagnostic et le parcours de soins d’un cancer sont toujours des épreuves difficiles. Durant toute la durée des traitements et du suivi, l’équipe médicale reste à l’écoute des patients et de leurs proches. L’aide de l’entourage immédiat est importante, mais d’autres intervenants sont également susceptibles d’apporter du soutien : assistant social, psycho-oncologue, diététicien, associations de patients. Les rencontres avec d’autres patients (par le biais d’associations notamment) permettent aux patients de partager leurs questions et de découvrir leurs ressources. Par ailleurs, le médecin traitant reçoit une copie du programme personnalisé de soins, le compte rendu de la RCP, le compte rendu d’analyse de la tumeur et un courrier de synthèse après chaque hospitalisation : il peut les évoquer avec le patient.


SOURCES

ARTuR, association pour la recherche sur les tumeurs du rein :

  • « La chirurgie », https://www.artur-rein.org/chirurgie, consulté le 01/08/2019
  • « Les tumeurs du rein », https://www.artur-rein.org/tumeurs_rein, consulté le 01/08/2019   

Institut National du Cancer :

  • Section sur le cancer du rein : https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-du-rein/Points-cles, consulté le 01/08/2019  
  • Guide « Les traitements du cancer du rein » https://www.e-cancer.fr/Expertises-et-publications/Catalogue-des-publications/Collections/Guides-patients#collection_50596, consulté le 01/08/2019

Haute Autorité de Santé :

  • https://www.has-sante.fr/jcms/c_985455/fr/ald-n30-cancer-du-rein-de-l-adulte, consulté le 19/09/2019

Fondation ARC pour la recherche sur le cancer :

  • https://www.fondation-arc.org/cancer/cancer-rein/suivi-apres-cancer, consulté le 19/09/2019

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