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Douleurs et cancer du rein : comprendre pour agir efficacement

Douleurs et cancer du rein : comprendre pour agir efficacement

Au cours d’un cancer du rein, il est fréquent de ressentir des douleurs. Celles-ci peuvent être liées au cancer lui-même, induites par les soins (biopsie, prélèvements sanguins, injections, perfusion) ou liées aux traitements (chirurgie, immunothérapie, thérapies ciblées, radiothérapie…).
Dans le cancer du rein, la douleur peut avoir des mécanismes variés. Comprendre d’où elles viennent et comment en parler à votre équipe soignante est la première étape pour mieux les soulager.

Les différentes composantes de la douleur

Les douleurs n’ont pas toutes la même origine : certaines sont liées à une lésion du corps (nociceptives), d’autres aux nerfs (neuropathiques), et parfois, elles se combinent (mixtes). Il est important de savoir les repérer, les évaluer et en parler à votre équipe soignante, même si elles vous paraissent « normales »1.

1. La douleur nociceptive

C’est la plus fréquente. Elle survient quand le corps envoie un signal d’alerte face à une agression (comme une compression tumorale, une inflammation ou une métastase osseuse). Elle peut être aiguë de courte durée (par exemple la douleur que l’on ressent lorsqu’on se brûle légèrement en touchant une casserole chaude), ou chronique (douleur de plus de 3 mois, souvent liée à la maladie ou à ses conséquences).

2. La douleur neuropathique

Elle survient lorsque les nerfs sont endommagés. Dans le cancer du rein, cela peut être dû à une tumeur ou une métastase qui exerce une pression sur un nerf, à une chirurgie ayant touché un nerf ou à certains traitements.

Elle se manifeste par des sensations inhabituelles comme des brûlures, des décharges électriques, des fourmillements ou picotements, une sensibilité au froid ou à la chaleur. Les douleurs neuropathiques sont souvent chroniques et leur intensité peut varier.

Pour vous aider à identifier ce type de douleur, votre équipe soignante peut utiliser un court questionnaire appelé DN4 (Douleur Neuropathique 4 Questions)11. Il vous invite notamment à préciser :

  • Si vous ressentez des sensations anormales comme des brûlures, des picotements, des décharges électriques ou des fourmillements ;
  • Si votre douleur s’accompagne d’une sensation d’engourdissement, de démangeaisons ou d’insensibilité dans la zone concernée ;
  • Si certaines zones douloureuses sont insensibles au toucher ou à la piqûre ;
  • Si votre douleur est provoquée ou aggravée par des frottements légers.

Ces questions simples permettent d’orienter le diagnostic et d’ajuster votre traitement.

3. Les douleurs mixtes

Il est fréquent de ressentir à la fois une douleur nociceptive et une douleur neuropathique1.
Quelque soit leur origine, sachez qu’il existe des solutions pour les atténuer.

Les différentes causes de la douleur

Dans les cancers urologiques, notamment ceux du rein dont nous parlons ici, les causes des douleurs sont aujourd’hui bien connues.

1. Douleur liée à la tumeur rénale

Dans le cancer du rein, environ 1 personne sur 10 peut ressentir une douleur dans le bas du dos (douleur lombaire). Cette douleur est ressentie comme une gêne sourde et persistante. Elle est due à l’irritation des tissus autour du rein2.

2. Douleur due aux métastases

Le cancer du rein peut parfois se propager à d’autres endroits du corps. On appelle cela des métastases. Selon l’endroit où elles apparaissent, elles peuvent aussi être à l’origine de douleurs. Les zones les plus souvent touchées sont les poumons, les os et les ganglions lymphatiques3.

Les métastases osseuses provoquent des douleurs profondes et continues, souvent plus intense la nuit ou lors des mouvements, ce qui peut limiter la mobilité et la capacité à effectuer certains gestes. Elles sont localisées (toujours au même endroit) et persistantes, même au repos. Elles peuvent fragiliser les os et augmenter le risque de fractures ou de compression nerveuse, par exemple au niveau de la colonne vertébrale.

Les métastases osseuses peuvent être prises en charge par radiothérapie externe, à visée antalgique ou par des inhibiteurs de la résorption osseuse, en plus des antalgiques médicamenteux classiques. Une chirurgie peut être envisagée en cas de risque de fracture4. Signaler rapidement ce type de douleur, via votre solution de télésurveillance, si vous en disposez, ou en contactant votre équipe soignante, est essentiel pour éviter les complications et bénéficier d’un traitement adapté.

3. Douleur liée aux traitements

Certains traitements peuvent également provoquer des douleurs :

  • La chirurgie peut entraîner des douleurs post-opératoires temporaires5.
  • Les thérapies ciblées6 et l’immunothérapie7 peuvent provoquer certains effets secondaires tels que des douleurs musculaires ou articulaires, parfois des effets cutanés douloureux (ex : syndrome mains-pieds).
  • La radiothérapie8 peut engendrer une inflammation locale transitoire pouvant générer une douleur.

Décrire et évaluer sa douleur

La douleur est différente pour chaque personne et peut toucher à la fois le corps et les émotions, ce qui la rend parfois difficile à décrire. Pourtant, plus vous donnerez d’informations précises à vos soignants, plus ils pourront vous proposer le traitement le mieux adapté.

N’hésitez pas à indiquer1 :

  • La localisation de la douleur et si elle est diffuse ou précise.
  • Le moment d’apparition et si un événement l’a déclenchée.
  • La durée (douleur passagère ou persistante)
  • Les sensations ressenties : compression, brûlure, déchirure, douleur sourde…
  • L’évolution : certaines positions ou activités la soulagent-elles ou l’aggravent-elles ?
  • L’intensité : vous pouvez utiliser des échelles simples pour la mesurer telles que 1 :
    • Échelle numérique (EN) : « Sur une échelle de 0 à 10, comment évaluez-vous votre douleur ? »
    • Échelle verbale simple (EVS) : « Votre douleur est-elle absente, légère, modérée, intense ou insupportable ?
    • Échelle visuelle analogique (EVA) : « Placez le curseur sur la bande pour indiquer votre douleur. »
  • Les actions déjà menées pour la soulager : traitements ou autres thérapies non médicamenteuses par exemple.
  • Les répercussions de la douleur sur votre appétit, sommeil, moral ou toute autre activité de la vie quotidienne

Lors de la consultation, votre médecin vous posera des questions précises et pourra compléter par un examen clinique ou des examens supplémentaires (prise de sang, imagerie, radiographie)8.

La prise en charge de la douleur

Avant de commencer votre traitement, votre médecin procédera à un bilan de santé approfondi incluant l’examen de vos antécédents, vos habitudes de vie, un électrocardiogramme (ECG), une échocardiographie et une prise de sang. Une consultation cardiologique pourra également être programmée si nécessaire.

1. Les traitements contre le cancer

Même si les traitements contre votre cancer peuvent parfois provoquer des effets secondaires douloureux, leur rôle est avant tout d’agir sur la maladie pour réduire la tumeur ou ses métastases et leurs conséquences douloureuses, ce qui va contribuer à soulager vos douleurs sur le long terme.

2. Les traitements anti-douleur

Pour soulager vos douleurs, différents traitements peuvent être proposés en fonction de leur intensité : 

  • Douleurs légères à modérées : des médicaments soulageant la douleur (antalgiques) ou des anti-inflammatoires.
  • Douleurs modérées : des médicaments un peu plus forts, opioïdes faibles, souvent associés à des antalgiques.  
  • Douleurs modérées à intenses : des traitements très puissants, opioïdes forts, utilisés sous surveillance médicale, également associés aux antalgiques.

Dans certains cas, d’autres médicaments peuvent aussi être proposés :

  • Dans certains cas, des médicaments habituellement utilisés pour l’épilepsie ou la dépression peuvent être prescrits. Ici, ils servent à apaiser les douleurs nerveuses (comme les brulures ou les fourmillements).
  • Des corticoïdes pour calmer les douleurs liées à une inflammation1,8,9.

Tous les médicaments contre la douleur n’agissent pas de la même façon. C’est pourquoi il est important de bien suivre le traitement prescrit par votre médecin, sans jamais augmenter les doses par vous-même. Comme tout médicament, les antalgiques peuvent avoir des effets secondaires ou interagir avec d’autres traitements. Pensez donc à toujours informer votre médecin de ce que vous prenez, y compris les médicaments en vente libre ou les compléments alimentaires.

3. Les approches complémentaires

En complément des traitements, d’autres techniques peuvent vous aider à gérer la douleur, améliorer votre bien-être physique et moral et votre qualité de vie, comme1, 9 :

  • La kinésithérapie, l’ostéopathie et l’activité physique adaptée : pour maintenir la mobilité et réduire les raideurs ;
  • La neurostimulation transcutanée ;
  • L’acupuncture, les massages adaptés : ils peuvent être proposés dans certains centres de soins de support ;
  • Certaines méthodes psycho-corporelles : relaxation, la sophrologie, la méditation, l’hypnose qui pourront vous aider à mieux gérer l’anxiété et la perception de la douleur ;
  • L’art-thérapie, la musicothérapie, …

Quand la douleur est difficile à soulager, plusieurs spécialistes peuvent intervenir ensemble pour mieux la prendre en charge. Vous pouvez être orienté vers une équipe spécialisée, comme un Centre de lutte contre la douleur, ou vers des structures de soins de support en oncologie ou de soins palliatifs10.

En résumé

Bien que les douleurs soient fréquentes dans la prise en charge d’un cancer du rein, elles peuvent être soulagées. Il est important de parler de vos douleurs et de bien les décrire à vos soignants pour qu’un traitement adapté puisse être mis en place. Plus tôt vous parlez de votre douleur, plus il est facile de la soulager. Une douleur prise en charge rapidement a moins de risque de s’installer durablement.

De nombreuses solutions existent pour la soulager, et elles peuvent être adaptées à votre situation. Votre équipe de santé est là pour vous écouter, vous accompagner et vous proposer les approches les plus efficaces pour améliorer votre confort et votre qualité de vie.

Si vous ressentez un effet indésirable au cours d’un traitement, qu’il soit mentionné ou non dans cet article, parlez-en sans attendre à votre médecin/pharmacien/équipe soignante.
Vous pouvez également le signaler sur le site dédié du Ministère chargé de la santé: https://signalement.social-sante.gouv.fr afin de contribuer à fournir davantage d’informations sur la sécurité de votre traitement.

Cet article a été réalisé en collaboration avec Cureety.
Cureety est une plateforme de télésurveillance en oncologie

  1. Association Francophone pour les Soins Oncologiques de Support (AFSOS). Prise en charge de la douleur du cancer chez l’adulte [Internet]. Version validée le 07 déc. 2012
  2. MD Anderson Cancer Center. Understanding kidney pain: common causes, symptoms and when to get checked out. Houston: MD Anderson Cancer Center; 2023.
  3. Bianchi M, Sun M, Jeldres C, et al. Distribution of metastatic sites in renal cell carcinoma: a population-based analysis. Ann Oncol. 2012.
  4. Institut National du Cancer (France). Traitements des métastases osseuses et des douleurs [Internet]. 2021
  5. Cancer Research UK – Après une chirurgie du cancer du rein. 2024.
  6. INCa | Recommandations et référentiels anti-VEGFR, Novembre 2019.
  7. INCa | Référentiel de bonnes pratiques PRÉVENTION ET GESTION DES EFFETS INDÉSIRABLES DES ANTICANCÉREUX, Novembre 2024
  8. INCa | Douleur et cancer PRÉVENIR ET SOULAGER LA DOULEUR TOUT AU LONG DE LA MALADIE, Juin 2007
  9. Lemaire A, et al. Prendre en charge la douleur multimorphe du cancer. Bulletin du Cancer. 2022; S0007-4551(21)00395-7
  10. Cancer Research UK. Symptoms of metastatic bladder cancer. London: Cancer Research UK; 2025 Aug 27.
  11. HAS Santé | Douleur neuropathique en 4 questions – DN4, Novembre 2022.

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