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Le lien ville-hôpital dans le suivi du cancer du rein : une prise en charge coordonnée pour mieux vivre la maladie

Le lien ville-hôpital dans le suivi du cancer du rein : une prise en charge coordonnée pour mieux vivre la maladie


Être suivi pour un cancer du rein peut soulever beaucoup de questions et d’inquiétudes. Bonne nouvelle : vous n’êtes jamais seul(e). À chaque étape de votre prise en charge, une équipe complète de professionnels de santé veille à votre bien-être. En effet, vous êtes accompagné par une équipe spécialisée à l’hôpital, mais votre suivi continue aussi en dehors, à domicile, avec les professionnels de santé de ville. Ce que l’on appelle le lien ville-hôpital est donc essentiel pour assurer un suivi continu, personnalisé, et adapté à vos besoins médicaux et humains.

De l’hôpital vers une prise en charge individualisée à domicile

C’est généralement à l’hôpital que le diagnostic est posé et que les traitements spécifiques sont mis en place : chirurgie, thérapies ciblées orales, immunothérapie, etc.

Une équipe pluridisciplinaire vous suit :

  • Urologue, oncologue, radiologue, éventuellement un radiothérapeute 
  • Infirmier(ère)s, psychologue, assistante sociale, diététicien(ne) selon vos besoins

Celle-ci vous a présenté les objectifs de votre traitement, ses éventuels effets indésirables, les consignes pour bien le prendre (horaires, alimentation, précautions…), ainsi que les modalités de suivi. Les ordonnances nécessaires vous ont également été remises.

À ce stade, il est essentiel de poser toutes les questions que vous avez. Votre médecin est là pour vous écouter et vous répondre. N’oubliez pas de lui signaler tous les traitements que vous prenez, y compris ceux sans ordonnance et les compléments alimentaires. Cela peut avoir un impact important sur l’efficacité et la sécurité de votre traitement.

Avant de quitter l’hôpital, votre équipe médicale prépare avec vous un plan personnalisé de soins (PPS). Ce document précise vos traitements, les rendez-vous à venir et les professionnels impliqués, pour que la continuité des soins soit assurée en ville.

La coordination avec les professionnels de ville

1. Le médecin traitant : votre repère au quotidien

Le médecin généraliste connaît votre parcours et reste votre référent médical de proximité :

  • Il suit votre état général et vous aide à gérer vos éventuels effets secondaires
  • Il renouvelle ou adapte vos prescriptions si besoin, sauf pour les traitements à visée oncologiques.
  • Il vous oriente vers d’autres spécialistes ou soins de support si nécessaire : psychologue, kinésithérapeute, diététicien, etc.

Il travaille en lien avec l’équipe hospitalière, grâce aux courriers médicaux ou parfois par téléphone ou messagerie sécurisée.

2. Le pharmacien d’officine : un acteur clé du bon usage de vos traitements

Si vous suivez un traitement anticancéreux oral, vous devrez vous rendre à la pharmacie. Les traitements oraux contre le cancer ne sont pas toujours disponibles immédiatement, mais peuvent être commandés et généralement récupérés en 24 heures ouvrées. Anticiper vos renouvellements en prévenant votre pharmacie plusieurs jours avant la fin de votre plaquette pour éviter tout retard de prise. En cas de fin de validité de l’ordonnance, prévenez votre oncologue. Vous pouvez, par exemple, programmer une alarme quelques jours avant la date de renouvellement sur votre téléphone ou mettre une note dans votre agenda ou sur le réfrigérateur. 

Le pharmacien joue un rôle essentiel dans votre parcours. C’est lui qui vous donnera l’ensemble des bonnes pratiques relatives à la prise du traitement [1]. Il pourra également répondre à vos questions, vérifier l’absence d’interactions entre vos médicaments. Il est indispensable de toujoursmentionner votre traitement lors de l’achat d’un produit en pharmacie ou parapharmacie (comme les compléments alimentaires ou les produits de phytothérapie). Le pharmacien vous aide également dans la gestion des effets secondaires et peut être amené à vous orienter vers un accompagnement pharmaceutique personnalisé.

N’hésitez pas à lui poser vos questions : il peut même contacter votre oncologue si nécessaire.

3. L’infirmier(ère) libéral(e) : un soutien à domicile

Des soins peuvent être nécessaires à domicile :

  • Injections, pansements, ou surveillance de la cicatrice après chirurgie
  • Aider aux suivis des symptômes et des effets secondaires
  • Aide à la prise de traitement si besoin
  • Évaluation de la douleur ou de la fatigue

L’infirmier(ère) libérale est un soutien précieux : il/elle assure vos soins (pansements, injections, surveillance), reste à votre écoute au quotidien et fait le lien avec votre médecin traitant. Il/Elle contribue à préserver votre bien-être, aussi bien corporel que mental.

4. Des soins de support pour prendre soin de vous

Le cancer ne touche pas que le corps. Il affecte aussi le moral, le sommeil, l’appétit, l’énergie, la vie sociale… C’est pourquoi vous pouvez bénéficier de Soins Oncologiques de Support, en ville comme à l’hôpital2.

Selon vos besoins, on peut vous proposer :

  • Psychologue : pour vous aider à traverser les émotions liées à la maladie
  • Diététicien(ne) : pour adapter votre alimentation
  • Kinésithérapeute : pour améliorer votre forme physique, votre mobilité ou encore contribuer à votre réhabilitation après une intervention chirurgicale.
  • Assistante sociale : pour vous accompagner dans les démarches administratives ou financières
  • Associations de patients : pour partager, échanger, trouver du soutien

Ces aides peuvent améliorer votre qualité de vie, et vous aider à mieux faire face à la maladie.

Entre les soins et la vie quotidienne : préserver votre bien-être jour après jour

1. Des clés pour adapter votre quotidien au traitement

Pour que votre traitement se déroule dans les meilleures conditions possibles, voici quelques recommandations.

En cas de traitement oral : 

  • Respectez la posologie prescrite : Prenez le médicament exactement comme indiqué (dose, heure, avec ou sans nourriture…) en adoptant une certaine routine. N’hésitez pas à utiliser un pilulier ou une alarme pour ne pas l’oublier.
  • N’écrasez jamais les comprimés ou n’ouvrez jamais les gélules sans avis médical. Cela pourrait modifier l’efficacité (ou la tolérance) du médicament.
  • Préparez vos déplacements : Emportez toujours la quantité nécessaire de médicament et votre ordonnance lors de vos déplacements.
  • Anticiper vos renouvellements : prévenez votre pharmacie plusieurs jours avant la fin de votre plaquette pour éviter tout retard de prise. En cas de fin de validité de l’ordonnance, prévenez votre oncologue.
  • Gardez votre traitement hors de portée des enfants.

Quel que soit le traitement instauré : 

  • N’introduisez pas de médicaments, compléments alimentaires ou produits de phytothérapie sans avis d’un professionnel de santé. Cela pourrait également nuire à l’efficacité (ou favoriser la mauvaise tolérance) de votre traitement.
  • De même, certaines habitudes alimentaires peuvent également entrer en interaction avec votre traitement : jus de pamplemousse, millepertuis, … Ces précautions vous sont normalement signalées par votre équipe soignante. Néanmoins, par précaution n’hésitez pas à en parler avec un professionnel de santé.
  • Hydratez-vous et mangez équilibré : L’alimentation joue un rôle important dans la tolérance du traitement.
  • Surveillez l’apparition d’éventuels effets secondaires (fatigue, troubles digestifs, problèmes de peau…). Une plateforme de télésurveillance peut vous être proposée. Elle vous permet de transmettre vos symptômes en ligne et d’être recontacté(e) rapidement par l’équipe médicale si nécessaire. Indiquez-y vos symptômes dès que de nouveaux apparaissent ou certains existants s’aggravent. 

Sachez que vous n’êtes pas seul(e) face à ces effets : votre oncologue, votre médecin traitant, votre pharmacien et votre infirmier(ère) peuvent vous accompagner pour les comprendre et les gérer au mieux. Vous aurez également des consultations de suivi régulières afin de vérifier l’efficacité du traitement et surveiller votre état de santé2

2. Une surveillance continue, au-delà de l’hôpital

Des examens d’imagerie (comme un scanner) peuvent être prescrits par votre oncologue afin d’évaluer l’efficacité du traitement3. Ces examens peuvent être réalisés soit à l’hôpital, soit dans un cabinet de radiologie en ville, en fonction de l’organisation prévue pour votre suivi. Si votre oncologue vous a demandé un examen avant la prochaine consultation, il est important qu’il soit fait à temps. Veillez à prendre rapidement rendez-vous et à apporter les résultats lors de votre visite. En cas de difficulté ou d’empêchement (retard, annulation…), n’hésitez pas à prévenir votre médecin ou l’équipe de soins dès que possible.

Des bilans sanguins réguliers4 vous ont également été prescrits afin de surveiller votre état de santé tout au long du traitement. Ces bilans permettent de vérifier que votre organisme supporte bien la thérapie, en contrôlant notamment vos globules, le fonctionnement de vos reins et de votre foie. Les analyses peuvent être réalisées dans un laboratoire de ville, proche de votre domicile. Ces laboratoires jouent un rôle essentiel dans votre suivi. Il est important de respecter les délais indiqués pour que les résultats soient disponibles à temps, avant votre consultation ou avant l’administration du traitement à l’hôpital. Sachez que votre médecin traitant reçoit également les résultats, ce qui lui permet de suivre l’évolution de votre situation. Il reste un interlocuteur clé dans la coordination des soins en dehors de l’hôpital.

En résumé

Tout au long de votre parcours, la coordination entre l’hôpital et les professionnels de santé de ville permet un accompagnement continu, humain et adapté à vos besoins. L’objectif est de vous offrir une prise en charge globale tout en respectant vos choix et votre rythme de vie. N’hésitez jamais à poser vos questions, à faire part de vos doutes ou à demander de l’aide : chaque information compte. Si vous ressentez un effet indésirable, même léger, signalez-le rapidement à votre médecin traitant ou via votre outil de télésurveillance, mieux vaut intervenir tôt que tard. 
L’aidant (famille, proche, ou aidant professionnel) joue un rôle clé dans ce parcours : il accompagne au quotidien, aide à repérer les signes d’aggravation ou les effets indésirables, facilite la communication avec l’équipe soignante et soutient sur le plan pratique et émotionnel. Impliquez l’aidant dans les échanges médicaux si vous le souhaitez, partagez les informations importantes (traitements, rendez‑vous, changements d’état) et dites‑lui comment vous préférez être soutenu(e)
Rappelez-vous : vous êtes au centre de votre parcours, entouré(e) par une équipe de soins mobilisée pour vous accompagner à chaque étape.

Si vous ressentez un effet indésirable au cours d’un traitement, qu’il soit mentionné ou non dans cet article, parlez-en sans attendre à votre médecin/pharmacien/équipe soignante. 

Vous pouvez également le signaler sur le site dédié du Ministère chargé de la santé: https://signalement.social-sante.gouv.fr afin de contribuer à fournir davantage d’informations sur la sécurité de votre traitement.

Cet article a été réalisé en collaboration avec Cureety. Cureety est une plateforme de télésurveillance en oncologie

  1. Assurance Maladie | L’accompagnement pharmaceutique des patients sous anticancéreux par voie orale | Août 2025 
  2. INCa | Les soins de support | Mars 2024 
  3. FMC-HGE : Association Française de Formation Médicale Continue en Hépato-Gastro-Entérologie | Imagerie en Cancérologie : au-delà des critères RECIST. Yves Menu | 2015
  4. Institut de Cancérologie de Bourgogne (ICB) – “Suivi médical pendant votre traitement en cancérologie”.

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