Hyperglycémie et traitement du cancer de la vessie
Qu’est-ce que l’hyperglycémie ?
L’hyperglycémie désigne un taux de glucose (sucre) trop élevé dans le sang. On parle d’hyperglycémie lorsque la glycémie est supérieure à 1,10 g/L.
Une hyperglycémie contrôlée à plusieurs reprises peut être un signe de diabète. Certains traitements du cancer de la vessie peuvent favoriser l’apparition d’une hyperglycémie ou déséquilibrer un diabète existant. C’est pourquoi une surveillance régulière de la glycémie est essentielle, même en l’absence d’antécédents de diabète.
Les causes possibles d’hyperglycémie
Dans le cadre de la prise en charge d’un cancer de la vessie, il est possible que certains traitements (ex: immunothérapie) dérèglent, dans de rares cas, le fonctionnement du pancréas1. Or, le pancréas produit l’insuline, une hormone essentielle à la régulation du taux de sucre dans le sang. Lorsque cette production est altérée, cela peut entraîner une élévation du taux de sucre (glycémie), en raison d’une diminution de la sécrétion d’insuline.
D’autres médicaments utilisés pour certaines formes de la maladie peuvent aussi entraîner une hyperglycémie, surtout chez les personnes qui ont déjà un risque de diabète ou qui sont en surpoids2. Ils peuvent, par exemple, altérer la capacité des cellules à utiliser correctement le sucre, ce qui contribue à une élévation de la glycémie.
D’autres thérapies souvent utilisées en parallèle peuvent également avoir un impact. C’est le cas par exemple des corticoïdes, fréquemment prescrits pour limiter certains effets secondaires3. Ils vont augmenter la synthèse du sucre par le foie, ce qui augmente la glycémie.
De même, si une alimentation artificielle est nécessaire (par sonde ou par perfusion), elle peut entraîner une élévation plus rapide de la glycémie en raison de l’apport direct et parfois massif de glucides, sans modulation par les mécanismes physiologiques habituels de la digestion4.
Pour toutes ces raisons, une surveillance régulière du taux de sucre dans le sang peut être proposée pendant les traitements, surtout si vous avez déjà des facteurs de risque ou des antécédents de diabète. En cas de doute ou de symptômes inhabituels, n’hésitez pas à en parler à votre équipe soignante en face à face ou par le biais de votre plateforme de télésurveillance si vous en disposez.
Les symptômes évocateurs
Les symptômes caractéristiques d’une hyperglycémie peuvent passer inaperçus. Parmi les signes possibles :
- Perte de poids,
- Sensation de soif plus importante,
- Envie fréquente d’uriner,
- Fatigue, nausées voire vomissements, douleurs abdominales,
- Troubles visuels, confusion,
- Dans les cas sévères : somnolence voire coma
La vigilance est donc primordiale, notamment en cours de traitement anticancéreux.
Comment améliorer l’équilibre glycémique ?
Surveillance régulière de la glycémie :
La glycémie peut être contrôlée :
- par une prise de sang à jeun, réalisée en laboratoire,
- ou via une glycémie capillaire, obtenue en prélevant une goutte de sang au bout du doigt à l’aide d’un autopiqueur, puis analysée par un lecteur de glycémie (glucomètre) ou via votre capteur de glycémie.
Si vous êtes diabétique, suivez les recommandations qui vous ont été préconisées.
Adaptation de l’alimentation
L’alimentation constitue un élément fondamental pour aider à contrôler la glycémie5.
Aucun aliment n’est formellement interdit, mais l’accent doit être mis sur la qualité, la quantité et la répartition des glucides tout au long de la journée.
Certains aliments peuvent être intégrés dans l’alimentation quotidienne pour optimiser l’équilibre métabolique :
- Privilégier les légumineuses (haricots rouges, pois, lentilles, soja, …) : riches en fibres et protéines, elles ralentissent la digestion et l’absorption des glucides, stabilisant ainsi la glycémie grâce à leur index glycémique faible.
- Les légumes non féculents (artichauts, asperges, haricots verts, betteraves, …) : pauvres en calories et glucides mais riches en vitamines, minéraux et fibres, contribuent également à la stabilisation glycémique.
- Les poissons gras (maquereau, sardine, saumon, thon, …) : sources d’acides gras oméga-3, présentent des effets bénéfiques sur la santé cardiovasculaire et peuvent réduire l’inflammation souvent présente chez les diabétiques.
- Les noix et graines : riches en fibres et protéines, ils favorisent la satiété et ralentissent l’absorption des glucides, contribuant au maintien d’une glycémie stable.
- Les céréales complètes : glucides complexes digérés plus lentement, ils permettent un meilleur contrôle glycémique et évitent les pics d’insuline par rapport aux céréales raffinées.
Des bons réflexes aussi lors de la prise alimentaire permettent de limiter aussi les élévations de la glycémie5:
- Privilégier des aliments bruts, non transformés qui nécessitent d’être mâchés ;
- Limiter au maximum votre consommation d’alcool, de produits et boissons sucrés ;
- Manger uniquement quand la faim se fait sentir, si possible à heures régulières, assis dans un endroit au calme sans écran, en prenant votre temps (au moins 20 min).
Activité physique adaptée
L’activité physique est essentielle pour réguler le taux de sucre dans le sang, car elle facilite son absorption par les muscles et améliore la sensibilité des cellules à l’insuline. N’hésitez donc pas à pratiquer chaque jour au moins 30 minutes d’exercice, même modéré, comme la marche, le yoga ou les tâches ménagères.
EN RÉSUMÉ
L’hyperglycémie pendant le traitement du cancer de la vessie reste rare, mais elle peut entraîner des complications. Il est donc essentiel de rester vigilant face à l’apparition de certains symptômes et de les signaler rapidement à votre équipe soignante, notamment via l’outil de télésurveillance éventuellement mis en place dans votre établissement. Pensez également à réaliser régulièrement les examens prescrits par votre médecin et à suivre les ajustements de traitement recommandés. Enfin, adopter de bonnes habitudes de vie, comme une alimentation équilibrée et une activité physique adaptée, contribue à mieux contrôler votre glycémie et à prévenir tout déséquilibre du diabète.
Si vous ressentez un effet indésirable au cours d’un traitement, qu’il soit mentionné ou non dans cet article, parlez-en sans attendre à votre médecin/pharmacien/équipe soignante.
Vous pouvez également le signaler sur le site dédié du Ministère chargé de la santé: https://signalement.social-sante.gouv.fr afin de contribuer à fournir davantage d’informations sur la sécurité de votre traitement.
Cet article a été réalisé en collaboration avec Cureety.
Cureety est une plateforme de télésurveillance en oncologie.
- Prévention et gestion des effets indésirables des anticancéreux / Immunothérapies : inhibiteurs de points de contrôle immunitaire, anti-PD-1 : cémiplimab, nivolumab, pembrolizumab ; anti-PD-L1 : atézolizumab, avélumab, durvalumab ; anti-CTLA-4 : ipilimumab, trémélimumab / Référentiel de bonnes pratiques, collection « Recommandations et référentiels », Institut national du cancer. Janvier 2025.
- Kim HS, Lee JH. Medical treatment of renal cell carcinoma. Prog Urol. 2014
- Bastin M, Andreelli F. Diabète et corticoïdes : nouveautés et aspects pratiques. Rev Med Interne. Septembre 2020
- PDQ® Adult Treatment Editorial Board. PDQ Bladder Cancer Treatment. Bethesda, MD: National Cancer Institute. Treatment of Stage IV Bladder Cancer. Février 2025
- Haute Autorité de Santé | Fiche Parcours de soins du patient adulte vivant avec un diabète de type 2 : conseils alimentaires. Juin 2025.
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