Home » Mes témoignages » Nadia, concernée par un cancer du poumon
Close Mobile Navigation

Nadia, concernée par un cancer du poumon

Trouver de nouvelles ressources en soi



Présentez-vous brièvement ?

Je m’appelle Nadia, j’ai 50 ans et j’ai un cancer du poumon.


Comment avez-vous découvert votre maladie ?

En fait, en 2019, je travaillais et je suis une personne assez sportive, je fais du tai-chi, je fais de la natation, je marchais, je courais et j’avais remarqué que j’avais un problème de souffle et j’étais souvent enrhumée l’hiver.

Donc, j’en ai parlé à mon médecin, j’ai insisté pour aller voir un spécialiste, j’ai été voir un pneumologue qu’on m’a conseillé. Il m’a diagnostiqué de l’asthme, j’étais très étonnée puisqu’il n’y a jamais eu d’asthme dans la famille, je n’en ai jamais eu et ça me faisait même des effets secondaires. 

J’ai continué à faire du sport, je me suis dit que ça allait peut-être passer. Je suis allée voir des ORL pour essayer d’avoir des explications à ce que j’avais et puis à un moment donné je me suis décidée à retourner le voir parce que je sentais que vraiment, quand je nageais, j’étais très essoufflée. Mais c’est vrai que je n’avais pas énormément de symptômes puisque j’étais quelqu’un de très vive et assez dynamique.

Au niveau des prises de sang, ça allait ; j’avais fait une radio, ça allait et donc je suis retournée le voir. Ca a mis un peu de temps car il y avait les vacances, j’ai réussi à avoir un rendez-vous en septembre 2019, il m’a fait faire une radio, il m’a fait faire des examens de souffle, il m’a questionnée – j’avais expliqué que j’avais une sœur qui avait un cancer du sein mais à aucun moment j’ai pensé que moi, j’avais un cancer. Il m’a redonné le même traitement, en me disant que j’étais asthmatique et qu’il fallait que je continue le traitement. J’étais vraiment très étonnée, et quelques temps après, vraiment très peu de temps après, une ou deux semaines, j’étais au travail dans un contexte un peu stressant, et je sentais que mon souffle ça n’allait pas du tout et j’avais une douleur. A ce moment-là, j’ai senti que ça n’allait vraiment pas, j’ai appelé mon mari, j’ai eu la chance de croiser une collègue qui m’a remplacée sur mon lieu de travail, et j’ai été aux urgences juste à côté de mon travail.

Ils m’ont ausculté, fait des prises de sang, radio à nouveau – ils ne voyaient rien mais ont quand même voulu faire un scanner. J’ai fait un scanner dans la semaine, je n’ai pas tardé et là le médecin m’a appelée, et j’ai senti que c’était quelque chose de sérieux. Elle m’a dit vous avez des nodules, ça ne va pas, il faut absolument voir un oncologue et très rapidement.

J’ai commencé avec elle. C’est un oncologue femme, très, très gentil, vraiment extrêmement douce et bienveillante. J’ai fait pas mal d’examens et c’est à ce moment-là que j’ai su que j’avais un cancer du poumon. Et malheureusement, vu qu’on a tardé à cause des diagnostics qu’on m’avait fait, j’ai perdu beaucoup de temps et j’étais déjà à un stade 3.

Quand j’ai su tout le parcours que j’allais avoir, la chimio, les rayons, éventuellement l’immunothérapie, d’un commun accord avec le médecin, elle m’a laissé le temps de réfléchir. J’ai décidé de me faire suivre sur Paris, je me suis dit, vu le stade où je suis il faut que j’aie le maximum de chances. Et au niveau technique, ils étaient plus à la pointe, et j’ai eu la chance d’être suivie par un professeur.


Qu’est-ce qui vous a le plus et le moins aidé dans votre parcours ?

Déjà, j’étais rassurée car j’étais dans un bon hôpital, avec des gens compétents, un professeur compétent. Ils m’ont expliqué tout ce que j’allais subir comme traitements.

Tout le personnel soignant, on les sent très spécialisés, très humains la plupart du temps. Donc, dès qu’il y avait de l’humain dans les actes qui étaient effectués, ça m’aidait parce que je n’étais pas qu’un malade, mais j’étais aussi une personne.

Et donc je n’ai pas lâché, je n’ai pas lâché. Plutôt que de faire du tai-chi, à un moment donné puisque j’avais moins de muscles, je faisais du chi kong ; et je voyais l’effet que ça faisait, comment j’étais avant, pendant et après. Je sentais que ça faisait du bien donc je m’accrochais ; quand je pouvais je marchais… J’avais des personnes bienveillantes autour de moi qui étaient juste là…

Ce qui m’a beaucoup aidé, c’est tout ce que j’avais fait auparavant, que j’ai essayé d’adapter parce que mon but ce n’était pas de m’épuiser, mais c’était d’essayer de continuer à trouver des ressources pour me faire du bien.

La spiritualité m’a beaucoup aidée puisque quand j’ai fait le traitement de chimio en même temps que les rayons ça m’a brûlé l’œsophage et là ça a été le moment le plus difficile, je n’y arrivais plus, j’étais à un summum de la douleur où on a essayé de me donner des traitements beaucoup plus forts mais ça faisait des effets secondaires donc j’avais mal à la tête, j’avais envie de vomir… enfin c’était terrible. Donc à ce moment-là c’est vrai que j’ai beaucoup puisé en moi et je priais à ma manière peu importe la religion, mais j’avais ce côté spirituel en moi et je continuais à prier même si j’avais l’impression d’être seule à ce moment-là.

J’ai réussi à trouver des astuces par moi-même, par exemple pendant ce moment qui était très difficile, je ne pouvais plus manger, même boire, c’était douloureux… Je prenais mon temps, j’essayais de faire tout ce que je pouvais pour que ça soit le moins douloureux, en avalant tranquillement je mêlai ça à la salive pour pouvoir être moins brûlée. Et puis un truc que je ne faisais jamais, je faisais des puzzles pour essayer d’amener mon cerveau vers autre chose que la douleur et en attendant j’essayais de manger quelques grains. La seule chose qui fonctionnait à ce moment-là c’était le riz.

Le moment le plus difficile en fait pendant toute cette épreuve, c’était que j’avais plus de solutions. Moi, dans mon travail, je cherche toujours des solutions, je vois toujours le verre à moitié plein et pas à moitié vide. Et à un moment donné, quand ça vous touche et que vous souffrez terriblement, que personne ne peut rien pour vous on a l’impression qu’on a plus de solution. Et effectivement, il y a des fois où on a plus de solution dans les solutions qu’on avait mais on peut toujours en inventer d’autres.


Quels conseils donneriez-vous aux autres patients ?

Donc moi je conseille aux patients, aux personnes qui sont malades d’un cancer ou autre de ne pas avoir peur d’aller chercher en eux les ressources qu’ils peuvent avoir, d’en inventer.  Souvent, on est diminué, on n’a plus confiance en nous, on se sent complètement diminué par rapport à la société ou à la famille, mais en fait c’est dans ces moments-là que l’on peut creuser et aller chercher vraiment pour voir qui on est. Et je pense qu’il faut prendre ce temps-là.

Il y a des personnes effectivement qui sont pressées de reprendre le travail, pour faire comme si de rien n’était, ils reprennent leur vie, leur rythme infernal, parce que le rythme de la société est souvent très soutenu. Mais moi je pense qu’il faut faire une parenthèse et savoir ce qu’on veut vraiment, se faire du bien. Je pense que c’est vraiment important à ce moment-là de prendre des parenthèses pour ressentir ce qui nous fait du bien comme le sport. Je pense que ça peut faire énormément de bien alors pas en s’épuisant, il faut s’écouter, ça peut être du yoga, de la marche… Il y a des fois, je ne marchais que 5 minutes, aujourd’hui j’arrive à marcher 3 heures. En fait, le corps c’est un entrainement et même quand vous avez l’impression d’être handicapé, c’est juste un passage c’est ça se travaille. Le corps se remuscle.

Et c’est aussi de s’entourer de personnes qui vous font du bien. C’est aussi pouvoir dire les choses aux médecins, quand vous sentez qu’ils ne sont pas disponibles. Pour moi, ça c’était difficile, on attendait presque 2 mois avant de se rencontrer quelques fois. Moi j’avais plein de questions et bien il faut quand même s’imposer, il faut oser poser ses questions. Et après, il y a des questions qu’on peut poser aux médecins qui sont vraiment compétents pour ça et il y a aussi les infirmières qui peuvent répondre à d’autres questions.

Il existe aussi beaucoup de d’associations qui permettent de traverser cette étape-là, de se retrouver aussi avec des gens malades comme nous, pas forcément malades d’un cancer du poumon mais d’un autre cancer peu importe, mais du coup on a moins peur de parler la maladie parce qu’o préserve les gens qui nous entourent et qui sont sains.

Ce qui est important pour les patients, les personnes malades, c’est, après le traitement, pendant mais aussi après, c’est de prendre le temps de se faire du bien puisque le corps et l’esprit ont tellement eu de douleurs, il faut leur apporter de la douceur et du bien-être pour pouvoir se reconstruire physiquement mais aussi psychiquement.

C’est ce que je conseille, de prendre ce temps-là pour se reconstruire et trouver de nouveaux projets.

FR-NON-00613