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Comment préserver sa santé mentale pendant un cancer ?

Image d'un homme dans un groupe de discussion

Lorsqu’un cancer survient, il bouscule tous les repères. Au-delà des traitements, souvent lourds et contraignants, la maladie affecte profondément l’équilibre émotionnel et mental. Stress, anxiété, fatigue psychique, tristesse ou isolement peuvent s’installer, parfois de façon durable.

Ces manifestations ne sont pas exceptionnelles. Selon l’Institut national du cancer (INCa), environ 1 personne sur 3 atteinte de cancer présente des troubles anxieux ou dépressifs au cours de son parcours (1). Les reconnaître permet de mieux les accompagner. Car prendre soin de sa santé mentale pendant un cancer, c’est aussi se donner les moyens de traverser cette période avec de meilleures chances de guérison.

Pourquoi la santé mentale est-elle aussi importante que la santé physique ?

Le bien-être psychologique influence directement la façon dont une personne traverse la maladie. Un moral fragilisé peut renforcer l’isolement social, rendre les traitements plus difficiles à supporter et réduire l’adhésion thérapeutique, réduisant par là même les chances de survie (4).

À l’inverse, maintenir un équilibre émotionnel aide à préserver le sommeil, l’appétit, le lien aux autres et l’élan de vie. Un accompagnement psychologique adapté peut améliorer la qualité de vie et diminuer certains symptômes physiques (douleurs, fatigue, nausées), en réduisant leur perception.

Apprendre à reconnaître les signes d’alerte

Certains signaux doivent alerter sur une souffrance psychique persistante :

  • Fatigue mentale intense et durable ;
  • Troubles du sommeil ou de l’appétit ;
  • Perte d’intérêt pour les activités quotidiennes ;
  • Repli sur soi, sentiment d’incompréhension ou d’abandon ;
  • Anxiété ou ruminations constantes, voire idées noires. (4)

Ces signes ne doivent pas être minimisés. Ils peuvent s’aggraver s’ils ne sont pas pris en compte. Ces troubles peuvent survenir à toutes les étapes de la maladie, y compris en rémission.

Quand et pourquoi consulter ?

Il n’y a pas de seuil unique pour demander de l’aide. Dès que le mal-être survient, il ne faut pas hésiter à en parler à son entourage ou ses soignants ; mais s’il devient envahissant ou qu’il perturbe le quotidien, il est essentiel de consulter un professionnel de santé mentale.

Les établissements de soins proposent souvent un accompagnement psychologique intégré au parcours de soins : psychologue hospitalier, psychiatre, psycho-oncologue… Ces professionnels connaissent les enjeux spécifiques du cancer. Il est également possible de s’adresser à son médecin traitant pour être orienté vers une prise en charge adaptée (2).

Des ressources concrètes pour se soutenir au quotidien

Différentes approches complémentaires peuvent être bénéfiques, seules ou en complément d’un suivi psychologique.

  • La sophrologie ou les méthodes de pleine présence aident à restaurer des repères corporels et à réguler les émotions (4).
  • L’art-thérapie ou la musicothérapie, proposées dans certains centres ou associations, permettent d’exprimer des ressentis complexes sans passer uniquement par la parole (4).
  • L’activité physique adaptée, encadrée et progressive, a démontré des effets positifs sur l’estime de soi, le sommeil et la fatigue mentale (3).

Enfin, de nombreuses associations, ainsi que les Espaces de Rencontres et d’Information (ERI) des établissements de soins offrent un accès gratuit ou facilité à des ressources de soutien (3).

Le rôle de l’entourage et des professionnels de santé

Les proches jouent souvent un rôle essentiel, mais il peut être difficile de leur parler. Peur d’inquiéter, sentiment d’incompréhension, ou difficulté à mettre des mots sur ce que l’on vit…

Pourtant, exprimer ce que l’on ressent peut ouvrir un espace de soulagement. L’équipe soignante est également un point d’appui important. Médecins, infirmier·es, psychologues, assistantes sociales peuvent écouter et orienter (2).

La Haute Autorité de Santé (HAS) recommande d’intégrer systématiquement les dimensions psychologiques dans les soins oncologiques, pour garantir une prise en charge globale.

Conclusion : choisir le soutien, pas l’isolement

La santé mentale pendant un cancer est une composante essentielle du soin. Il est possible d’aller mieux, même dans les moments les plus éprouvants. Et cela reste vrai après la fin des traitements, où de nombreuses personnes traversent une période de fragilité émotionnelle (4).

Le soutien peut prendre de nombreuses formes : psychologique, corporelle, artistique, relationnelle. À chacun de trouver ce qui lui convient, à son rythme.

L’important est de ne pas rester seul. Chercher de l’aide est une démarche de soin, pas une faiblesse.

Si vous ressentez un effet indésirable, qu’il soit mentionné ou non dans cet article, parlez-en à votre médecin/pharmacien/l’équipe soignante sans attendre.
Vous pouvez également le signaler sur le site dédié du Ministère chargé de la santé: https://signalement.social-sante.gouv.fr afin de contribuer à fournir davantage d’informations sur la sécurité de votre traitement.

Cet article a été réalisé en collaboration avec Jinko.
Jinko est un service d’accompagnement en soins de support pour les personnes touchées par le cancer.

  1. Institut National du Cancer (INCa), Fiches Cancer Info, 2024
  2. Société Française de Psycho-Oncologie (SFPO), Recommandations, 2023
  3. La prise en charge médicale, sociale et psychologique | Fondation ARC pour la recherche sur le cancer, 2023
  4. Psychologie du cancer – Un autre regard sur la maladie et la guérison – Par Gustave-Nicolas Fischer, 2013

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