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Mon cancer de la vessie

Les traitements

La chirurgie

Il existe plusieurs types d’opérations en fonction du stade de la tumeur. Lors de la cystoscopie réalisée pour faire le diagnostic (voir plus haut), le chirurgien va observer la tumeur grâce à la caméra du cystoscope, qui passe par l’urètre pour atteindre la vessie. Si la tumeur semble limitée, il va retirer la tumeur avec un peu de muscle pour voir s’il est atteint par le cancer à l’aide des micro-instruments qui passent dans le cystoscope. C’est ce que l’on appelle la Résection TransUréthrale de Vessie (RTUV). À la fin de l’intervention, une sonde urinaire est mise en place pour un à deux jours afin de drainer et laver la vessie. L’hospitalisation dure deux à quatre jours. Les tissus ainsi retirés sont examinés au microscope, afin de déterminer si les cellules cancéreuses sont limitées à la muqueuse, c’est-à-dire la première couche de la paroi de la vessie, ou si elles atteignent aussi le muscle.

Si la tumeur est limitée à la muqueuse (cancer non infiltrant), la RTUV est complétée par des instillations de médicaments de chimiothérapie ou immunothérapies dans la vessie, c’est-à-dire leur introduction au goutte à goutte grâce à une sonde. 

Si l’examen microscopique révèle que des cellules cancéreuses ont envahi le muscle (cancer infiltrant), une seconde opération est réalisée pour enlever soit une partie, soit la totalité de la vessie (cystectomie partielle ou totale), ainsi que les ganglions situés à proximité. Les ganglions prélevés sont analysés immédiatement. S’ils contiennent des cellules tumorales, l’intervention est parfois suspendue et le patient orienté vers un traitement par chimiothérapie. Si aucune cellule cancéreuse n’est détectée dans les ganglions, l’opération se poursuit et le chirurgien retire tout ou une partie de la vessie. 

Chez l’homme, la prostate et les vésicules séminales sont également ôtées, ainsi que l’urètre, s’ils sont atteints. Chez la femme, l’utérus et l’urètre peuvent être retirés s’ils sont infiltrés, ainsi qu’une partie du vagin. Si l’urètre ne peut pas être conservé, les urines ne peuvent plus être évacuées par les voies naturelles : le chirurgien constitue une urostomie, c’est-à-dire une ouverture à travers la peau, généralement placée en dessous du nombril, qui permet à l’urine de s’évacuer hors du corps. Selon les cas, l’ablation de la vessie sera ou non complétée d’une chimiothérapie et/ou d’une radiothérapie.

Les instillations dans la vessie

Une RTUV peut être suivie d’un traitement local par instillation d’un médicament de chimiothérapie et/ou d’un médicament visant à stimuler votre immunité naturelle afin de détruire les cellules cancéreuses s’il en reste (immunothérapie par le vaccin contre la tuberculose, le BCG). Les instillations dans la vessie avec médicament de chimiothérapie ou immunothérapie par BCG ne sont possibles que pour les tumeurs n’infiltrant pas le muscle. Il est conseillé de diminuer les boissons à partir de la veille. Une sonde est introduite dans la vessie par l’urètre. Le produit est alors instillé dans la vessie, puis la sonde est aussitôt retirée et il est nécessaire de s’abstenir de boire et d’uriner pendant 2 heures afin de conserver le produit dans la vessie et ainsi favoriser son action. L’instillation de chimiothérapie locale commence de préférence dans les 6 premières heures et au plus tard dans les 24 heures qui suivent l’opération. Selon les cas, d’autres instillations peuvent être prévues après 4 à 6 semaines, une fois votre vessie cicatrisée, à raison d’une fois par semaine pendant 8 semaines consécutives.

L’immunothérapie par instillation commence après la cicatrisation de la vessie. Elle comporte plusieurs instillations séparées par des intervalles de durée variable. La plupart des patients supportent bien ces instillations, mais dans certains cas, il est possible de ressentir des effets indésirables, tels que :

  • une inflammation de la vessie (cystite) ou une réaction allergique de la peau (au niveau de la zone qui a été en contact avec le produit ou à distance) pour les instillations de chimiothérapie ;
  • de fréquentes envies d’uriner (pollakiurie), du sang dans les urines (hématurie), une difficulté à évacuer complètement les urines de votre vessie (dysurie), des fuites urinaires, des douleurs dans le bas-ventre ou dans le bas du dos, ou encore de la fièvre et des courbatures pour les instillations d’immunothérapie.

Si vous présentez ces signes lors de vos traitements, prévenez d’urgence votre équipe médicale afin d’être pris en charge rapidement.

La chimiothérapie

La chimiothérapie est un traitement général qui permet de ralentir, voire d’arrêter le développement des cellules cancéreuses :

  • avant la chirurgie, pour diminuer la taille de la tumeur et la rendre opérable ;
  • après la chirurgie, en complément de celle-ci, afin d’éliminer les éventuelles cellules cancéreuses restantes, qui n’auraient pas pu être retirées lors de la chirurgie, ou si des cellules ont été retrouvées dans les ganglions ou autour de la vessie. La chirurgie permet également de réduire le risque de récidive après l’opération ;
  • si l’ablation de la vessie n’est pas indiquée ou n’est pas souhaitée, une radio-chimiothérapie associant chimiothérapie et radiothérapie peut être proposée, afin de ralentir, voire d’arrêter, la progression de la maladie.

Le traitement se déroule généralement en 4 cures successives à raison d’une cure toutes les 3 à 4 semaines. Chaque cure est suivie d’une période de repos. La durée totale du traitement est variable. La chimiothérapie est effectuée par perfusion, soit lors d’une courte hospitalisation, soit en hospitalisation de jour (1 seule journée ou demi-journée).

Les effets indésirables de la chimiothérapie sont fréquents, mais ils ne se manifestent pas forcément tous et diffèrent selon les patients :

  • nausées, vomissements, perte d’appétit, diarrhée ;
  • engourdissement, fourmillements ou picotements dans les doigts ou les orteils, qui peuvent être douloureux ;
  • troubles de l’audition ;
  • baisse des plaquettes, des globules rouges ou des globules blancs dans le sang ;
  • aphtes, rougeurs, douleurs dans la bouche ;
  • chute des cheveux ;
  • fatigue.

La radiothérapie

La radiothérapie consiste à irradier à l’aide de rayons X la zone tumorale, afin de détruire les cellules cancéreuses. Elle peut être proposée en complément de la chimiothérapie, au niveau des tumeurs non opérables et/ou des métastases éventuelles. Les séances de radiothérapie sont programmées cinq jours par semaine, sur plusieurs semaines. Chaque séance dure une dizaine de minutes. Les séances de radiothérapie peuvent entraîner l’apparition de certains effets secondaires indésirables, qui varient selon la zone traitée, la dose de rayon délivrée et la sensibilité du patient. Ils peuvent être immédiats, tels que :

  • une rougeur de la peau semblable à un coup de soleil (érythème cutané) ;
  • une inflammation de la vessie (cystite radique), qui se manifeste par l’envie fréquente d’uriner (pollakiurie) et/ou des envies irrésistibles d’uriner (impériosités);
  • des douleurs lors des rapports sexuels (dyspareunies) ;
  • des troubles digestifs apparaissent parfois, avec une inflammation du rectum qui peut provoquer des diarrhées et des faux besoins d’aller à la selle.

Ou tardifs, c’est-à-dire, survenir jusqu’à plusieurs mois après la fin des traitements, comme :

  • des envies fréquentes (pollakiurie) ou irrésistibles d’uriner et/ou des saignements dans les urines (hématuries), qui pourraient traduire une inflammation de la vessie inflammation de la vessie. Des examens complémentaires pourront être effectués pour s’assurer que ces signes ne sont pas liés à une réapparition du cancer ;
  • une inflammation de l’intestin grêle qui peut induire des diarrhées ;
  • une inflammation du rectum qui peut se manifester par des saignements ou des douleurs lors des rapports sexuels (dyspareunies) ;
  • une diminution de la taille de la vessie, qui peut nécessiter son ablation.

En aucun cas, ces informations ne peuvent remplacer les choix thérapeutiques faits par votre médecin.


SOURCES

AMELI :

Cancer et Environnement (Centre Léon Bérard)

CHU Henri Mondor :

InfoCancer :

Institut Curie :

Institut national du cancer (INCa) :

Fondation ARC :

Sources consultées le 12/11/2019

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